Football – Zoumana Camara : « J’ai encore des réflexes de joueur »

Zoumana Camara au Parc des Princes lors d'un match PSG-Monaco le 5 octobre 2014. © Thibault Camus/AP/SIPA

Zoumana Camara, 37 ans, a mis un terme à sa carrière à l’issue de la saison 2014-2015, après huit années passées au Paris-SG. L’ex-international français d’origine malienne avait aussitôt intégré le staff technique du puissant club français.

Jeune Afrique : Quand on met un terme à sa carrière de joueur et que l’on devient tout de suite membre d’un staff technique, est-il facile de perdre certains réflexes ?

Zoumana Camara : Oh non (rires) ! Ce n’est vraiment pas évident, quand on a joué vingt ans au niveau professionnel. On reste encore très joueur, on a envie de toucher le ballon. J’ai arrêté en mai 2015, et un mois et demi plus tard, j’étais dans le staff. Laurent Blanc, alors entraîneur du PSG, me l’avait proposé. Il me laissait pas mal de liberté, le temps de prendre mes marques…

Comme j’avais tissé des liens d’amitié avec beaucoup de joueurs – Zlatan Ibrahimovic, Salvatore Sirigu, Nicolas Douchez (partis respectivement à Manchester United, au FC Séville et à Lens, ndlr), et ceux qui sont toujours là comme Blaise Matuidi, Serge Aurier, Javier Pastore, Adrien Rabiot, Thiago Motta…  – j’étais en quelque sorte le relais entre l’effectif et l’entraîneur. Je ne faisais pas que cela, bien sûr, mais cela faisait partie de mon rôle.

Quelles étaient vos autres attributions ?

Parfois, j’animais des séances, comme des séquences de jeu, en concertation avec Laurent Blanc et ses autres adjoints, Jean-Louis Gasset et Philippe Lambert. Il pouvait aussi m’arriver d’accompagner un joueur de retour de blessure dans sa phase de reprise. Il me fallait du  temps pour trouver mes marques.

Et aujourd’hui ?

Cela fait plus d’un an que j’ai intégré le staff technique. Laurent Blanc est parti, mais je suis resté dans ce rôle avec Unaï Emery. Je suis à l’aise à ce poste, grâce à l’expérience acquise la saison dernière. Aujourd’hui j’interviens davantage dans les séances. La saison dernière, j’étais plus un relais entre le staff et les joueurs qu’un entraîneur. J’ai conservé ce rôle d’intermédiaire entre le coach et l’effectif, qui  se confie à moi. Et c’est utile à l’entraîneur qui peut en savoir plus sur l’état d’esprit des uns et des autres. Mais j’ai encore des réflexes de joueur (rires) !

Passez-vous des diplômes ?

Oui. J’ai déjà passé le Brevet d’Entraîneur de Football, qui permet d’entraîner jusqu’en Division d’Honneur. L’année prochaine, je vais préparer le Diplôme d’État Supérieur (DES), qui permet de coacher jusqu’en CFA (quatrième division). Ensuite, ce sera le Diplôme d’Entraîneur Professionnel de Football (DEPF).

Envisagez-vous par exemple d’entraîner prochainement une des équipes de jeunes du club ?

Je ne sais pas encore. Pour mon premier diplôme, j’ai accompagné l’équipe des moins de 17 ans, dirigée par Laurent Huard. J’ai pris beaucoup de plaisir lors des séances d’entraînement avec les jeunes joueurs du club. Mais pour l’instant, je préfère me consacrer à mes diplômes et à mon rôle auprès du groupe professionnel. On verra par la suite.

Vous imaginiez-vous entraîneur lorsque vous étiez encore joueur ?

Plus l’âge avançait, plus j’y pensais. Mais quand on est footballeur, on a tendance à se concentrer sur le présent. Mon souhait était de rester dans le milieu du football. Je faisais partie du projet du club en tant que joueur, mais mon souhait était de rester par la suite au PSG, car j’y suis très attaché. C’est quelque chose d’important pour moi.

Je suis arrivé en 2007 ; le club a changé, ces dernières années. En 2008, il avait évité la relégation en Ligue 2, grâce à une victoire à Sochaux lors de la dernière journée. Puis Qatar Sports Investments (QSI) est arrivé en 2011, avec l’ambition d’attirer de grands joueurs. Mais le PSG oriente aussi sa politique vers les jeunes joueurs d’Île-de-France, où il y a un gros potentiel. D’ailleurs, dans l’effectif actuel, plusieurs jeunes ont été formés au club (Aréola, Descamps, Kimpembe, Rabiot, Augustin, Nkunku, Ongenda…). C’est très important pour l’avenir.

 

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