Anniversaire de la disparition de Léopold Sédar Senghor : le président-poète en 10 citations

Léopold Sédar Senghor dans sa propriété en août 1981. © Pascal Maitre pour Jeune Afrique

Le 20 décembre 2001, Léopold Sédar Senghor décédait à l'âge de 95 ans. 15 après la disparition du président-poète sénégalais, Jeune Afrique a réuni certaines de ses citations les plus marquantes.

Léopold Sédar Senghor a toujours mêlé politique et écriture. Arrivé en France en 1928 à l’âge de 22 ans, il obtient l’agrégation de grammaire sept ans plus tard. Sa rencontre avec différents étudiants issus de la diaspora, notamment Aimé Césaire, l’amène à développer le concept de Négritude.

D’abord enseignant dans un lycée, il est ensuite mobilisé dans l’armée coloniale lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Fait prisonnier, il passera deux ans dans des camps en France.

Dès 1945 il s’engage en politique, à l’Assemblée nationale française dans un premier temps, avant de devenir – à la suite de l’éclatement de la Fédération du Mali – le premier président de la République du Sénégal en 1960.

Président modéré, il reste 20 ans à la tête de l’État avant de quitter son poste en 1980. En 1984, il devient le premier africain élu à la prestigieuse Académie française.

Extrait de Chants d’ombre, Femme noire (Le Seuil, 1945) :

« Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté »

Extrait de Hosties noires, Thiaroye (Le Seuil, 1948) :

« Est-ce donc vrai que la France n’est plus la France ? »

Extrait de Hosties noires (Le Seuil, 1948) :

« Je déchirerai sur tous les murs de France le sourire Banania. »

Extrait de Éthiopiques, Chaka (Le Seuil, 1956) :

« Je dis qu’il n’est pas de paix armée, de paix sous l’oppression. De fraternité sans égalité. J’ai voulu tous les hommes frères. »

Extrait de Éthiopiques, Comme les lamantins vont boire à la source (Le Seuil, 1956) :

« Le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps. »

Extrait de son discours au congrès de l’Union nationale de la jeunesse du Mali, à Dakar en 1960 :

« Au contraire de l’Européen classique, le Négro-Africain ne se distingue pas de l’objet, il ne le tient pas à distance, il ne le regarde pas, il ne l’analyse pas. Il le touche, il le palpe, il le sent. »

Extrait de l’article Le Français, langue de culture paru dans la revue Esprit de novembre 1962 :

« À la syntaxe de juxtaposition de langues négro-africaines, s’oppose la syntaxe de subordination du français ; à la syntaxe du concret vécu, celle de l’abstrait pensé : pour tout dire, la syntaxe de la raison à celle de l’émotion. »

Extrait de Liberté 1 : Négritude et humanisme (Le Seuil, 1964) :

« La Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités. »

Extrait d’une interview par Jeune Afrique en novembre 1977 :

« En réalité nos peuples (Arabo-Berbères et Négro-Africains) sont métisses ethniquement et culturellement. Quand je me rend au Maghreb, je me sens chez moi. »

Extrait de son discours au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie, à Paris le 19 septembre 1985 :

« La Francophonie, c’est l’usage de la langue française comme instrument de symbiose, par delà nos propres langues nationales ou régionales, pour le renforcement de notre coopération culturelle et technique, malgré nos différentes civilisations. »