Gambie : l’ONU annule le déplacement du chef de l’armée au Darfour

Le général Ousmane Badjie, chef d'état-major général des armées, le 13 décembre à Banjul. © Sylvain Cherkaoui/AP/Sipa

Le déplacement que le général Ousmane Badjie devait effectuer auprès des casques bleus gambiens au Darfour, le 20 décembre, a été annulé par l'ONU, qui s'inquiète des récentes prises de position de l'armée en Gambie depuis le volte-face de Yahya Jammeh au sujet des résultats de la présidentielle du 1er décembre.

Le général Ousmane Badjie, chef d’état-major général des armées gambiennes, n’est pas en odeur de sainteté à l’ONU. Sa visite auprès des soldats gambiens engagés au sein de l’UNAMID, la mission de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, prévue le 20 décembre, a été annulée. Motif : l’attitude de l’armée à Banjul, qui suscite l’inquiétude des responsables onusiens depuis qu’elle a pris contrôle de la commission électorale indépendante, le 13 décembre – « un acte scandaleux de non-respect de la volonté du peuple gambien », selon un communiqué de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU.

À l’image de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao), de l’Union africaine (UA) et de différents pays occidentaux, les Nations unies tentent d’augmenter la pression sur Yahya Jammeh pour qu’il cède le pouvoir et reconnaisse sa défaite à l’élection présidentielle du 1er décembre, dont il avait publiquement accepté les résultats avant de revenir sur sa décision, une semaine plus tard.

Soutien du général Badjie à Jammeh

« L’annulation du déplacement du général Badjie au Darfour est une décision logique, glisse une source diplomatique. Comment peut-on laisser un général rendre visite à ses troupes à l’étranger alors que ses hommes menacent le processus démocratique dans son propre pays ? »

Le général Badjie affiche ostensiblement son soutien à Yahya Jammeh depuis son volte-face sur les résultats de la présidentielle, après avoir été un temps annoncé comme fidèle à l’opposition et au président élu, Adama Barrow.

Un sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao) consacré à la crise politique en Gambie doit par ailleurs se tenir ce samedi à Abuja, au Nigeria. Des décisions pour faire plier Jammeh y sont attendues après la visite peu concluante d’une délégation de l’organisation sous-régionale conduite par la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le 13 décembre, à Banjul.