Hommage : dix citations de Amílcar Cabral sur la libération de l’Afrique

Le révolutionaire Amílcar Cabral. © Capture d'écran YouTube

Alors qu'il luttait pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, Amílcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry, avant de voir son combat aboutir. Jeune Afrique revient sur quelques une des plus fortes citations d'un vrai théoricien des révolutions africaines.

Né de parents Capverdiens en Guinée-Bissau – alors colonie portugaise – le jeune Amílcar Cabral part en 1945 au Portugal pour y étudier l’agronomie. À Lisbonne, il rencontre des étudiants des colonies qui s’engagent comme lui pour l’indépendance de leurs pays, Agostinho Neto (MPLA) en Angola ou Eduardo Mondlane et Marcelino dos Santos (Frelimo) au Mozambique.

De retour au pays, il participe en 1956 à la création du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert. Le parti dirigé par Cabral organise et forme politiquement la société, puis débute la lutte armée en 1963 à partir des milieu ruraux de Guinée.

Reprenant en partie les thèses de Frantz Fanon, il théorise dans ses écrits la résistance culturelle, la décolonisation et la libération. Un recueil de ses discours et écrits majeurs est publié en 1975 sous la direction de Mário de Andrade, aux éditions Maspero. Son titre : L’arme de la théorie – du nom d’un discours qu’il prononça lors de la Conférence Tricontinentale de 1966 à la Havane.

Extrait du texte « Avoir conscience de la lutte à chaque moment » (1964) :

Nous sommes des militants armés et non pas des militaires

Extrait du texte « Mettre en pratique les principes du parti » (1964) :

Ne pas avoir peur du peuple et l’amener à participer à toutes les décisions qui le concernent – telle est la condition fondamentale de la démocratie révolutionnaire que nous devons réaliser progressivement

Extrait de son discours à la Conférence de Dar es Salam (Tanzanie) en 1965 :

Les colonialistes ont l’habitude de dire que eux, ils nous ont fait rentrer dans l’histoire. Nous démontrerons aujourd’hui que non : ils nous ont fait sortir de l’histoire, de notre propre histoire, pour les suivre dans leur train, à la dernière place, dans le train de leur histoire

Extraits de son discours « L’arme de la théorie », prononcé à la Conférence Tricontinentale de La Havane (Cuba) en 1966 :

La lutte contre nos propres faiblesses (…), quelles que soient les difficultés créées par l’ennemi, cette lutte contre nous-mêmes est la plus difficile, aussi bien au moment présent que dans l’avenir de nos peuples.

Trahir la révolution ou se suicider comme classe, tel est le choix de la petite bourgeoisie dans le cadre général de la libération nationale

Extrait de son discours prononcé à la Conférence d’Alger en 1968 :

Les chrétiens vont au Vatican, les musulmans à la Mecque et les révolutionnaires à Alger

Extrait du texte « Libération nationale et culture » (1970) :

La résistance culturelle du peuple africain n’a pas été détruite. Réprimée, persécutée, trahie par quelques catégories sociales compromises avec le colonialisme, la culture africaine a survécu à toutes les tempêtes, réfugiée dans les villages, dans les forêts et dans l’esprit des générations victimes du colonialisme

Extrait du recueil de discours L’arme de la théorie (Maspero, 1975) : 

Personne ne peut douter, parmi notre peuple, comme chez tout autre peuple africain, que cette guerre de libération nationale dans laquelle nous sommes engagés n’appartienne à l’Afrique tout entière

Extrait du texte « Détruire l’économie de l’ennemi et construire notre propre économie » :

La libération nationale, la lutte contre le colonialisme, la construction de la paix, le progrès et l’indépendance sont des mots vides dévoués de signification s’ils ne peuvent pas être traduits par une véritable amélioration des conditions de vie

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