Burkina Faso : Macky Sall, Boni Yayi et la Cedeao, une médiation malaimée

Gilbert Diendéré accueille le président en exercice de la Cedeao, Macky Sall, le 18 septembre 2015, à l'aéroport de Ouagadougou. © Theo Renaut / AP / SIPA

Alors qu'un putsch ébranle le Burkina Faso, le 16 septembre 2015, Macky Sall, Boni Yayi et les responsables de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest vont éprouver leurs talents de médiateurs. Mais ils vont aussi soulever les foules, pas vraiment dans le sens qu'ils souhaiteraient.

Le 16 septembre 2015, des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) interrompent le Conseil des ministres au palais de Kosyam et prennent en otage le président de la transition, Michel Kafando, le Premier ministre, Isaac Zida, le ministre de la Fonction publique, Augustin Loada, et le ministre de l’Urbanisme, René Bagoro.

Michel Kafando est démis de ses fonctions et le gouvernement de transition est dissous, alors que des manifestations éclatent à travers le pays. La montée des tensions entre les manifestants et les putschistes poussent ces derniers à libérer les otages. Le 18 septembre 2015, les hommes du RSP annoncent qu’ils ont été libérés la veille au soir, à l’exception d’Isaac Zida, assigné à résidence.

À la même date, le président sénégalais Macky Sall, également président en exercice de la Cedeao, et le président béninois Boni Yayi débarquent à Ouagadougou pour tenter une médiation entre le général Diendéré, qui a  pris la tête des putschistes et s’est déclaré chef de l’État, et les autorités de la transition. Assistés du représentant de l’ONU en Afrique Mohamed Ibn Chambas, les deux chefs d’État proposent d’abord un plan de sortie de crise, prévoyant une amnistie des membres du RSP et l’organisation d’élections avant le 22 novembre, auxquelles participeraient les candidats exclus en raison de leur connivence avec l’ancien régime de Blaise Compaoré.

Un flop ?

Devant l’opposition populaire et l’avancée de l’armée loyaliste vers Ouagadougou, la Cedeao finit toutefois par modifier sa proposition : l’amnistie du RSP et la participation des candidats proches de Compaoré aux élections disparaissent de la déclaration finale du sommet d’Abuja, le 22 septembre. Mais cette feuille de route ne cache pas l’échec global de la médiation ouest-africaine.

Si un accord est signé dans la soirée du 22 septembre, il est avant tout dû à la pression exercée par les armes des forces loyalistes sur les putschistes. Le 23, Michel Kafando reprend la tête du pays. Le 25, à l’issue du premier Conseil des ministres après le coup d’État, le gouvernement de transition annonce la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle.

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