Niger : la Cedeao et la transition, une surveillance à distance

Mahamadou Issoufou, président du Niger. © Vincent Fournier/J.A

Alors que Mamadou Tandja tente de se maintenir au pouvoir entre 2009 et le début de 2010, la Cedeao regarde du côté de Niamey. Elle accompagnera prudemment la transition menant à l'élection de Mahamadou Issoufou en 2011.

Dès 2001, Mamadou Tandja montrait des velléités de modifier les lois électorales pour demeurer plus longtemps au pouvoir. Mais c’est en 2009 qu’il dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle, qui s’opposaient à ses projets. Il fait par ailleurs adopter le 4 août par référendum une prolongation de trois ans de son mandat. La Cedeao décide alors de suspendre le Niger pour violation des textes communautaires de l’organisation.

Alors que Tandja instaure une nouvelle Constitution en sa faveur, la Cedeao met en place une médiation dirigée par l’ancien président nigérian, Abdulsalami Abubakar. Celle-ci réclame la nomination d’un membre de l’opposition au poste de Premier ministre et la fixation d’un délai de 12 mois pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’un scrutin. Mais Mamadou Tandja rejette ces propositions.

Malgré plusieurs dialogues, notamment à Abuja en novembre 2009, les efforts de la Cedeao en vue de trouver une solution pacifique à la crise vont échouer. En février 2010, Tandja est finalement renversé par les hommes de Salou Djibo. La Cedeao va alors se montrer conciliante, tandis que la junte au pouvoir procède à la dissolution de la Constitution ainsi qu’à la nomination de Mahamadou Danda au poste de Premier ministre. Elle reste en retrait durant la période transition, qui s’achève sur l’élection de Mahamadou Issoufou à la présidence, en mars 2011.