Guinée-Bissau : l’éternelle médiation de la Cedeao

José Mario Vaz, chef de l'État bissau-guinéen le 3 mars 2014. © Sylvain CHERKAOUI pour Jeune Afrique

Depuis 1998, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest a enchaîné plusieurs médiations en Guinée-Bissau. Près de 20 ans plus tard, elle y officie toujours.

1998-1999

L’Ecomog est déployée en juin 1998 à la demande du président bissau-guinéen João Bernardo Vieira, confronté à une rébellion menée par le général Ansumane Mané. Jusqu’alors, le chef de l’État était appuyé par des troupes sénégalaises et guinéennes, alors que la majorité des forces armées s’étaient ralliées au dissident.

Les combats tournent rapidement à l’avantage des rebelles, et un accord de paix est signé le 1er novembre 1998 à Abuja, au Nigeria, sous l’égide de la Cedeao, lequel prévoit l’instauration d’un cessez-le-feu, le retrait des forces étrangères et le déploiement d’une force d’interposition. Les troupes de l’Ecomog remplacent dans la foulée les forces sénégalaises et guinéennes, en mars 1999.

De nouvelles attaques rebelles ont toutefois lieu, jusqu’en mai 1999, lorsque le président Vieira est destitué et part en exil au Portugal (il reviendra au pouvoir en 2005 avant d’être assassiné en 2009). Le conflit prend alors fin et les forces de l’Ecomog se retirent à la fin du mois de juin, remplacées par le Bureau des Nations unies pour la consolidation de la paix.

2012

En 2004, 2007 et 2009, la Cedeao avait octroyé des fonds à la Guinée-Bissau, notamment en vue de régler les arriérés de salaires de l’armée. Mais c’est en 2012 qu’elle entre une nouvelle fois de plain-pied dans la crise, suite au coup d’État du 12 avril, qui interrompt les élections législatives.

Fin avril 2012, une junte militaire prend le pouvoir et accepte de mettre en place une période de transition devant durer un an. Si des divergences existent entre les chefs d’État de la Cedeao, notamment Alpha Condé et Macky Sall, ce sont bien les forces ouest-africaines qui seront chargées de veiller au bon déroulement de cette période de transition, en dépit de l’hostilité d’une partie de la classe politique.

Malgré les tensions croissantes entre les deux principales forces politiques du pays, PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) et le PRS (Parti pour le renouveau social), un gouvernement d’union nationale est constitué en juin 2013, sous pression de la Cedeao. En mai 2014, José Mario Vaz (PAIGC) remporte la présidentielle, dont les résultats sont acceptés par le PRS.

2015-2016

Une nouvelle crise éclate au grand jour en août 2015, alors que le président Vaz congédie son Premier ministre Domingos Simões Pereira. Entre les deux hommes existe une rivalité pour prendre le contrôle du PAIGC. Depuis, les nominations au poste de Premier ministre, rejetées par les frondeurs, se succèdent.

Suite à l’accord de Conakry, signé sous l’égide de la Cedeao et de son médiateur, Alpha Condé, les protagonistes se sont engagés à choisir un Premier ministre de façon consensuelle. Celui-ci doit rester en place jusqu’aux législatives de 2018. Le 18 novembre, Umaro Sissoco Embalo a ainsi été nommé pour le poste.

Les troupes de la Cedeao, composée d’environ 550 hommes, originaires du Nigeria, du Burkina, du Sénégal, du Togo et du Niger, et déployées à la suite du coup d’État d’avril 2012, sont donc toujours chargées de sécuriser le processus de transition. Elles devraient toutefois se retirer progressivement, après avoir formé l’armée nationale.

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