Burundi : aucune trace de Marie Claudette Kwizera un an après son arrestation

Pendant une marche à Bujumbura, au Burundi, le 9 juin 2015. © Gildas Ngingo/AP/SIPA

Arrêtée le 10 décembre 2015, Marie Claudette Kwizera, trésorière de la ligue Iteka, reste introuvable. Une année après les faits, cette organisation de lutte pour les droits de l'Homme déplore le silence des autorités.

« Nous n’avons aucune nouvelle de notre collègue. La justice et la police ne nous disent rien. Pourtant, il y a eu des aveux sur la disparition de Marie Claudette Kwizera. Malheureusement, ils n’ont pas été utilisés », se désole Anschaire Nikoyagize, président de la ligue Iteka.

Le 10 décembre 2015, vers 18h, Marie Claudette est arrêtée tout près de la polyclinique centrale de Bujumbura. Selon des témoins, elle aurait été contrainte de monter dans une voiture du Service national des renseignements (SNR). Le 4 janvier 2016, un major du SNR, Dieudonné Bigirimana alias « Tyson » est interpellé pour être placé en détention à la prison centrale de Mpimba.

Il est relâché deux semaines après sans aucune forme de procès, d’après le président de la Ligue Iteka. « Le 12 décembre au soir, Dieudonné Bigirimana  avait informé la famille de Marie Claudette Kwizera qu’elle était détenue dans les locaux du SNR, exigeant une somme de 3 500 000 francs burundais [soit environ 2 050 euros] pour sa libération. Après réception de la rançon, aucune information sur le lieu de sa détention n’a été communiquée », relate-t-il.

Les Nations Unies saisies

Du côté des autorités burundaises, c’est silence-radio. La Justice ne veut pas commenter les faits, semble-t-il, pas plus que la police. « Notre travail d’enquête a été remis à la Justice.  Nous n’avons plus à nous exprimer là-dessus », assène Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police nationale.

Seul Willy Nyamitwe, conseiller à la présidence chargé de la communication, dans son interview accordée en novembre dernier à Jeune Afrique , affirmait que « le cas de Marie Claudette Kwizera est un mystère » et assurait que les enquêtes se poursuivaient.

La Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), elle, a saisi le 22 janvier 2016, le groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations unies.

L’organisation est déjà auteure d’un rapport accablant sur le Burundi, faisant état de 1 000 morts et de 300 à 800 personnes disparues depuis l’éclatement de la crise en avril 2015. Des exactions commises majoritairement par les forces de l’ordre, affirme le même rapport.

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