Syrie : selon l’ONU, les forces pro-régime ont tué 82 civils à Alep

Par Jeune Afrique avec AFP

Des habitants d'Alep fuient les quartiers est, tenus par les rebelles avant l'offensive des forces pro-Assad, le 12 décembre 2016. © AP/SIPA

Les forces pro-Assad auraient exécuté au moins 82 civils, dont des femmes et des enfants, dans des quartiers d'Alep-Est repris aux rebelles. C'est du moins ce qu'a annoncé l'ONU ce mardi.

« Nous avons été informés que des forces pro-gouvernementales ont pénétré dans des habitations et tué les civils qui s’y trouvaient, y compris les femmes et les enfants », a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Rupert Colville, lors d’une conférence de presse mardi 13 décembre.

« Nous avons reçu des informations indiquant que des forces [pro-Assad] avaient tué au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, dans les quartiers de Boustane al-Qasr, Ferdous, Kallasé et Salhine », a-t-il ajouté, citant de « multiples sources dignes de foi ».

Rupert Colville a précisé que selon ses informations, « des dizaines de civils ont été abattus par balles lundi 12 décembre sur la place al-Ahrar dans le quartier de Kallasé et aussi dans le quartier de Boustane al-Qasr, par les forces gouvernementales et leurs alliés, dont, apparemment, le groupe armé irakien al-Nujabaa ».

Lundi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait fait état d’atrocités commises contre « un grand nombre de civils » à Alep, où les forces pro-régime ont pris l’ascendant sur les rebelles. Toutefois, l’ONU n’était pas encore en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante.

130 000 civils en fuite

Depuis le début de l’offensive des forces pro-régime, appuyées par la Russie, il y a quatre semaine, plus de 130 000 civils auraient fui Alep. Dimanche plus de 10 000 d’entre eux ont fui la ville ravagée en moins de 24 heures, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Lundi, les troupes loyales à Bachar al-Assad contrôlaient 90% des quartiers d’Alep-Est, tenus par les rebelles depuis l’été 2012. Profitant de l’offensive à Alep, les djihadistes du groupe terroriste Etat islamique (EI) ont repris la cité antique de Palmyre, après en avoir été chassé en mars 2016.