Développement : en Afrique, les pays les moins avancés tournent au ralenti

La Cnuced appelle les États africains à diversifier leurs sources d'endettement pour répondre aux grands enjeux de développement. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Dans son dernier rapport, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement constate que les 49 pays les moins avancés du monde, majoritairement africains, peinent toujours à profiter des fruits de leur croissance.

La marche vers le développement s’annonce longue et difficile pour les pays les moins avancés (PMA), dont 34 sont africains. Dans la dernière édition du rapport qu’elle consacre chaque année à ces pays, et qui a été publiée le 13 décembre, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) revient sur la laborieuse évolution des PMA ces dernières années.

Les objectifs définis par les Nations unies en 2011 lors de la conférence d’Istanbul sont loin d’avoir été atteints. À peine 10 des 49 PMA de l’époque, 48 aujourd’hui, répondront en 2020 aux critères de reclassement qui leur permettront de devenir des pays en développement. Les experts onusiens espéraient, à l’époque, que la moitié d’entre eux seraient en mesure de pouvoir le faire à cette date.

« La cible était, certes, ambitieuse, mais les retombées de la crise financière de 2009, ainsi que la fin du super-cycle des matières premières, ont compliqué les choses », explique Rolf Traeger, responsable de cette étude, au sein de la division Afrique de la Cnuced. Les pays n’ont pas reculé, mais le rythme a été beaucoup moins soutenu que durant les années précédentes. Et la résilience des économies, tant espérée, n’a finalement pas pu résister à la baisse des cours des ressources naturelles constatée depuis 2011.

Le ralentissement actuel des croissances économiques, tombées en moyenne à 3,5 %, « quand il faudrait une progression annuelle de 7 % », précise Rolf Traeger, n’augure pas de retournement de tendance avant de longues années. Le risque de voir les pays tomber dans les pièges du ré-endettement, de la pauvreté ou du déséquilibre commercial est réel, encore plus sous la pression démographique à laquelle sont déjà soumis les PMA africains.

L’exception botswanaise

Seuls quatre pays ont relevé le défi et sont sortis de la liste des PMA : le Botswana, le Cap-Vert, les Maldives et les Samoa. Les trois derniers, classés parmi les Petits États insulaires en développement (PIED), bénéficient de conditions très particulières, avec des économies de petite taille et de faibles populations, où la moindre évolution positive se fait immédiatement sentir.

Le Botswana est un cas « plus intéressant », selon le responsable de la Cnuced, car le pays a su faire preuve d’une bonne gestion fiscale et de ses ressources diamantaires. Le pays a également investi dans ses ressources humaines en développant ses systèmes sanitaires et éducatifs. Seule la diversification de son économie est toujours à faire.

Le bilan reste néanmoins bien meilleur que pour beaucoup d’autres, pour lesquels il est permis de demander ce qu’ils ont fait des fruits de leur croissance. Par manque de vision le plus souvent.

« Le reclassement n’est possible que s’il est le produit d’une politique générale de développement », insiste Rolf Traeger. Et s’il est accompagné d’un véritable soutien de la part de la communauté internationale en termes d’Aide publique au développement (ADP) notamment. Et en la matière, il dépasse rarement l’état de discours.

L’idée défendue par l’ONU, de la création, en 2017, d’une Banque internationale des technologies, destinée aux transferts de connaissances pour les PMA, symbolisera, ou pas, l’assistance qu’entendent apporter les pays développés au reste de la planète.

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