Nigeria : deux femmes kamikazes tuent au moins 30 personnes dans le nord-est du pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Les habitants de Maiduguri ramassent les débris causés par le double attentat perpétré le 29 octobre dernier dans cette ville, cible de Boko Haram. © Jossy Ola/AP/SIPA

Selon un premier bilan du porte-parole de l'armée nigériane, trente personnes ont péri vendredi matin dans un attentat mené par deux femmes kamikazes, présumées appartenir au groupe terroriste Boko Haram.

Les jihadistes ont commis ce double attentat dans le très fréquenté marché de Madagali, dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du Nigeria, une zone où la présence de Boko Haram peine à être contrée. Le porte-parole de l’armée, Badare Akintoye, a également fait état « de nombreuses autres personnes blessées ».

« Les deux kamikazes se sont faites passer pour des clientes lorsqu’elles ont déclenché leurs ceintures explosives, l’une dans la section du marché où l’on vend de la nourriture, l’autre, près des étals de vêtements », a déclaré le représentant de la municipalité de Madagali, Yusuf Muhammad.

Le groupe terroriste n’a pas revendiqué l’attentat dans l’immédiat, mais l’utilisation de femmes et jeunes filles pour perpétrer des attentats contre la population est un procédé courant de l’organisation.

Bain de sang

Interrogé par l’AFP, un vendeur du marché a raconté l’horreur de la scène. « Les explosions ont été déclenchées successivement aux alentours de 09h30, il y avait des cadavres et des personnes blessées partout, dans un bain de sang » a-t-il décrit.

Madagali , qui se trouve à l’entrée de la forêt de Sambisa, actuel fief de l’une des factions de Boko Haram, est une cible récurrente de Boko Haram malgré le fait qu’elle ait été reprise par l’armée nigériane en août 2014. Cet attentat intervient alors que  le président nigérian Muhammadu Buhari a assuré mercredi au Sommet de la sécurité à Dakar que la « situation était sous contrôle » et que la présence de Boko Haram autour du Lac Tchad toucherait rapidement à sa fin.

Boko Haram, secte salafiste extrémiste transformée en mouvement jihadiste à la mort de son fondateur Mohammed Yusuf, a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria depuis 2009.