Mali : après de multiples suspensions, le procès Sanogo est renvoyé à 2017

Par - envoyé spécial

Amadou Haya Sanogo lors de la prestation de serment du président par intérim Dioncounda Traoré à Bamako le 12 avril 2012. © Harouna Traore/AP/SIPA

Huit jours après son ouverture en grande pompe du côté de Sikasso, et alors que les débats ne sont jamais entrés dans le vif du sujet, le procès d'Amadou Haya Sanogo et de ses 16 co-accusés a été renvoyé à la prochaine session d’assises.

Celle-ci ne se tiendra pas avant l’année prochaine – elle pourrait se dérouler vers le mois de mars 2017. D’ici là, les accusés resteront derrière les barreaux, leurs avocats n’ayant pas obtenu leur libération.

Ce report était vivement souhaité par une partie des avocats de la défense. Mercredi, ils avaient soulevé plusieurs requêtes en ce sens, parmi lesquelles le non-respect de la procédure (dont les délais de citation) et l’incompétence d’une cour civile à juger des militaires.

Mais ce ne sont pas ces arguties qui ont convaincu le président de la cour, Mahamadou Berthé, de reporter le procès. Ce dernier a rejeté toutes les exceptions de la défense, sauf une : celle concernant l’expertise médicale des ossements découverts en décembre 2013 dans le charnier situé près de Diago, que certains avocats de la défense remettent en cause. Le juge Berthé a estimé qu’une nouvelle expertise était nécessaire. Un laboratoire basé à Bamako devrait la mener.

Séquence judiciaire laborieuse

Ce renvoi clôt une séquence judiciaire laborieuse, et même douloureuse pour les familles des victimes, qui attendent beaucoup de ce procès. Jamais en effet le fond de l’affaire n’a été évoqué. Jamais les accusés, qui comparaissent pour l’enlèvement et l’assassinat de 21 bérets rouges en mai 2012, n’ont eu à répondre aux questions de la cour.

Dès le premier jour, le mercredi 30 novembre, le président avait ordonné une suspension de séance afin de permettre aux avocats de la défense de s’entretenir avec leurs clients. Le vendredi 2 décembre, l’audience n’avait duré que quelques minutes, les avocats de la défense et des parties civiles protestant contre leurs conditions de travail et exigeant plus de sécurité.

« On reviendra plus fort »

Le président avait renvoyé au lundi. Mais lundi 5 décembre, aucun témoin appelé par l’accusation n’était présent lors de l’appel. Le président avait donc donné deux jours au parquet pour les faire venir, de gré ou de force. La plupart étaient là lors de la reprise des débats mercredi 7 décembre. Mais c’est alors que les avocats ont mis à exécution leur menace de demander le renvoi du procès à une date ultérieure.

D’ici là, Sanogo restera en prison, comme la plupart de ses co-accusés. Les familles des victimes, elles, rentreront à Bamako. « On reviendra plus fort », assurent-elles.

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