Mauritanie : « Il y a un manque d’audace chez nos auteures »

Un mur de livres. © Kerttu/CC/Pixabay

« Mon pays est une perle discrète », disait le poète et linguiste Ousmane Moussa Diagana de la Mauritanie qui, telle une perle, est un croisement entre l’eau du fleuve Sénégal et le sable du Sahara. Mais la Mauritanie recèle une perle ô combien plus discrète encore : sa littérature féminine francophone.

Ses productions sont « fort peu nombreuses », souligne M’Bouh Séta Diagana, maître de conférences à l’université de Nouakchott, auteur de Éléments de la littérature mauritanienne de langue française (L’Harmattan, 2008), avant d’expliquer que « les thématiques, les conditions d’édition et de réception des œuvres ne concourent pas vraiment à la consécration de cette écriture comme une entité ».

Lectrice avertie, Khadija, elle, va plus loin : « Il y a un manque d’audace chez nos auteures, déplore-t-elle. Comparées aux écrivaines du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, elles font preuve de beaucoup trop de retenue dans leurs œuvres. On a l’impression qu’elles écrivent comme si elles étaient dans la cour familiale, où chaque geste est sous le regard de l’autre, du père, du frère, bref, du mâle censeur de toute liberté. »

 

Pourtant, de ce pays où le premier recueil de poésie francophone n’a été publié qu’après l’indépendance, en 1966 (Presque griffonnages ou la Francophonie, d’Oumar Bâ), et le premier roman qu’en 1983, sont nées des poétesses et romancières d’expression française. La preuve par six plumes.

Chacune à sa façon chante sa Mauritanie d’hier et d’aujourd’hui, la place qu’y tiennent les femmes et celle qu’on leur refuse, leurs sentiments et leurs ressentiments. Et toutes donnent corps à cette écriture féminine francophone émergente.

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