Égypte : quatre islamistes condamnés à mort pour le meurtre de manifestants

Par AFP

Des manifestants anti-Morsi mettent le feu aux locaux des Frères musulmans, le 30 juin 2013. © AFP

Un tribunal égyptien a condamné à mort dimanche quatre membres des Frères musulmans, confrérie du président destitué par l'armée Mohamed Morsi, pour le meurtre de manifestants qui avaient attaqué les locaux de l'organisation, a indiqué une source judiciaire.

Le 30 juin 2013, en marge des rassemblements monstres qui ont conduit l’armée à destituer M. Morsi le 3 juillet, des manifestants anti-Morsi avaient tenté d’investir les locaux des Frères musulmans au Caire. Douze d’entre eux avaient été tués dans des heurts avec des partisans du président islamiste. Sur les 18 accusés, 4 ont été condamné à mort, reconnus coupables de "meurtre, d’incitation au meurtre et de possession d’armes à feu et de munitions", selon un responsable du tribunal.

Conformément à la loi égyptienne, ces peines capitales seront soumises à l’avis –purement consultatif– du mufti, le représentant de l’islam auprès des autorités. Elles seront ensuite confirmées ou commuées en peine de prison. La décision définitive du tribunal sera connue le 28 février, tout comme le verdict à l’encontre des 14 autres accusés, dont le guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie et deux autres hauts responsables, Khairat al-Chater et Saad al-Katatni.

M. Badie a déjà été condamné à mort dans un autre procès pour des violences similaires ainsi que trois fois à la prison à perpétuité dans d’autres affaires. La peine de prison à vie se traduit par 25 années de détention au maximum en Egypte. Depuis que l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi a évincé M. Morsi, les autorités ont lancé une sanglante répression contre les pro-Morsi, faisant 1.400 morts, pour la plupart des manifestants.

La confrérie des Frères musulmans, qui avait remporté toutes les élections organisées entre la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak et l’éviction de M. Morsi, a été déclarée "organisation terroriste" par les autorités en décembre. Et le pouvoir est accusé d’instrumentaliser la justice dans sa répression, alors que des centaines de partisans de M. Morsi ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes, tandis que 15.000 autres ont été arrêtés. Mardi, 188 personnes ont été condamnées à mort pour le meurtre de 13 policiers dans un village à l’extérieur du Caire.

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