Ouganda : Dominic Ongwen, l’ancien chef de la LRA, plaide non coupable devant la CPI

Par Jeune Afrique avec AFP

Dominic Ongwen, ancien commandant au sein de l'Armée de Résistance du Seigneur, comparaît devant la Cour pénale Internationale, le 6 décembre 2016 à La Haye. © Peter Dejong/AP/SIPA

À l'ouverture de son procès mardi devant la Cour pénale internationale (CPI), l'enfant soldat devenu l'un des principaux chefs de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) a plaidé non coupable alors qu'il doit répondre de 70 crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans son pays.

Vêtu d’un costume gris clair et d’une cravate lavande, l’Ougandais Dominic Ongwen est apparu concentré pour le premier jour de son procès devant la CPI, mardi 6 décembre, prenant à l’occasion des notes dans un carnet disposé devant lui. Il est le premier membre de la LRA, responsable selon l’ONU de la mort de 100 000 personnes et de l’enlèvement de 60 000 enfants, à être jugé.

« Au nom de Dieu, je nie toutes ces accusations », a déclaré celui qui fut l’un des chefs les plus redoutés de la rébellion sanguinaire. »Elles sont contre la LRA, pas moi », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Je ne suis pas la LRA, la LRA c’est Joseph Kony, qui est le dirigeant », toujours en fuite, dix ans après l’émission d’un mandat d’arrêt international.

Les victimes demandent justice

« Nous avons attendu près de onze ans pour la justice », a déclaré Vincent Oyet, secrétaire d’un groupe rassemblant des victimes.

Dans la nuit du 19 mai 2004, son village avait été attaqué par les troupes de la LRA, qui avaient tué plus de 40 personnes, dont sa mère, et enlevé plus de vingt villageois : « nous ressentons toujours les effets de l’attaque et il y a un haut niveau de traumatisme et de violence domestique dans notre communauté ».

Son passé d’enfant soldat : une circonstance atténuante ? 

Enlevé alors qu’il n’était qu’un enfant sur le chemin de l’école, Dominic Ongwen se considère aussi comme victime. « C’est la LRA qui enlevait des personnes, qui les tuait », a-t-il affirmé en langue acholi, « et je suis une de ces personnes ».

Les avocats de Dominic Ongwen ont déposé lundi soir une requête demandant l’arrêt des procédures, assurant que leur client ne comprenait pas la nature des accusations dont il fait l’objet en raison d’un syndrome de stress post-traumatique lié à son passé d’enfant soldat. Mais cette requête a été rejetée par les juges à l’ouverture du procès.

Les audiences reprendront mercredi, avec les déclarations des représentants des 4 107 victimes participant à l’affaire. Le procès reprendra ensuite le 16 janvier 2017 avec la présentation des preuve de l’accusation et de ses témoins, a indiqué la Cour pénale internationale dans un communiqué.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici