Algérie : ce qu’il faut savoir sur la réforme du baccalauréat

Attaquée par les islamo-conservateurs, la ministre algérienne de l'Éducation nationale, Nouria Benghebrit, est déterminée à mener sa réforme jusqu'au bout. © Capture d'écran/YouToube

Sécurité, calendrier, contenu... Les épreuves du baccalauréat 2017 vont inaugurer une nouvelle formule. Objectif : Soulager les candidats "stressés" et lutter contre la fraude.

En juin dernier, le gouvernement algérien a dû couper Internet pour éviter les fraudes massives ayant entaché les examens du baccalauréat. Annulation d’une partie des épreuves, organisation d’une nouvelle session, interpellations de fonctionnaires soupçonnés de fraudes… Le bac 2016 a viré au scandale.

Pour éviter la réédition d’un scénario pareil, la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit Remaoun, a annoncé le 5 décembre les premiers éléments d’une réforme qui ne concerne pas uniquement la sécurité des examens mais également leur contenu et leur calendrier. Résultat d’une large concertation avec les syndicats et les élèves, ces changements entrent dans le cadre d’une vaste réforme de l’Éducation nationale qui se fera progressivement jusqu’en 2021.

Un bac sur 5 jours avec moins d’épreuves

Retour à l’ancien calendrier du baccalauréat qui se déroulera désormais sur 5 jours et non sur 3 comme l’avait annoncé la ministre en juin dernier. « Ce n’est pas un recul mais une adaptation aux inquiétudes des lycéens », a précisé la ministre sur les ondes de la radio nationale, lundi 5 décembre. « Lors de mes rencontres avec les élèves, j’ai pu mesurer l’immensité des angoisses qu’ils avaient par rapport au calendrier (jugé trop court, NDLR) », a-t-elle ajouté. Il y aura donc allègement à tous les étages. Le début des examens est prévu à 9 heures du matin au lieu de 8 heures. Les élèves ne passeront que deux épreuves par jour au lieu de trois et auront une pause de 1H30 en milieu de journée. Dans chaque épreuve, il y aura moins d’exercices qu’avant afin de ne pas surcharger les candidats et surtout leur permettre de mieux se concentrer. Car l’année prochaine, comme cette année, le bac aura lieu en plein Ramadan, du 11 au 15 juin. 

Tolérance zéro pour les fraudeurs

Les candidats scolarisés coupables de fraude seront interdits d’examen pendant 5 ans. La sentence sera encore plus lourde pour les candidats libres qui écoperont de 10 ans d’interdiction. « Ces mesures donneront à réfléchir à tous ceux qui seraient tentés de frauder », martèle la ministre. « 1 000 postulants au baccalauréat surpris en possession de téléphone portable en classe d’examen ont été éliminés l’année dernière », a-t-elle fait savoir, appelant les parents à mettre en garde leurs enfants contre les risques découlant de la triche.

Au niveau logistique, le site de l’Office national des examens et concours (Onec), où sont élaborés les épreuves, sera entouré « d’une sécurité maximale » afin d’éviter les fuites des épreuves comme cela s’est produit en 2016. Quatre fonctionnaires de cet office ont été arrêtés en juin dernier et présentés devant la justice pour fraude. Les salles d’examen continueront à être dotées d’appareils de brouillage des signaux électroniques. Pour le reste, on n’en sait pas plus.

Le ministère de l’Éducation nationale dit réfléchir à « des mesures draconiennes » en concertation avec le ministère de l’Intérieur, mais sans donner plus de détails. Cela dit, il subsistera toujours « quelques aventuriers », admet la ministre. « Car la lutte contre la fraude dans ce contexte de progrès technologiques fulgurant est une bataille inégale quels que soient les moyens de dissuasion mis en place », a-t-elle déclaré à l’agence de presse APS.