Madagascar : déjà plus de 6 milliards de dollars de la part des bailleurs internationaux

Dans les rues d'Antananarivo, en 2010. © Themba Hadebe/AP/SIPA

À l’issue de la première journée de la conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar qui se tient à Paris jeudi et vendredi, la Grande Île a récolté plus de 6,4 milliards de dollars d’engagements.

Ce jeudi 1er décembre, au soir de la première journée de la conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar, le pays sait au moins qu’il ne repartira pas de Paris les mains vides. Ce sont en effet 6,4 milliards de dollars qu’a récolté la Grande Île de la part des bailleurs de fonds internationaux.

Davantage, donc, que les 3 milliards qu’escomptait recueillir Mada, engagé depuis 2015 dans un plan national de développement (PND) qui court jusqu’à 2019 et pour lequel 5,4 milliards de dollars sont nécessaires.

C’est entrecoupés des applaudissements nourris des quelque 400 participants réunis au siège de l’Unesco, sous l’œil attentif du président Hery Rajaonarimampianina que ces derniers ont fait part de leurs engagements.

1,3 milliard de dollars de la Banque mondiale

Notant une amélioration de la gouvernance dans le pays depuis deux ans, condition requise pour que l’aide parvienne, la Banque mondiale devrait confirmer ainsi fin décembre le versement d’1,3 milliard de dollars au secteur privé malgache, sous forme de prêts concessionnels en faveur des secteurs de l’agriculture et de la pêche, des infrastructures et du développement de zones économiques spéciales.

Deux conventions ont été signées en outre entre la Banque Mondiale et Madagascar, comprenant un appui budgétaire de 65 millions de dollars et un financement additionnel de 35 millions de dollars pour améliorer la sécurité alimentaire au sud de Madagascar. La région a été particulièrement victime du phénomène de sécheresse El Niño.

La BAD appuie la riziculture

Autre annonce, celle de la Banque africaine de développement (BAD), qui s’engage sur un milliard de dollars pour aider notamment à l’amélioration des dessertes internes, de l’accès à l’eau et à l’irrigation « pour atteindre l’autosuffisance en matière de riz et faire de l’île le grenier de l’Océan indien ».

Deux autres conventions ont aussi été signées entre la BAD et le gouvernement malgache pour un montant de 19 millions de dollars concernant notamment le financement de projets énergétiques.

L’UE cible le renforcement des infrastructures

Par ailleurs, 900 millions d’euros seront décaissés par l’Union Européenne pour la période 2017-2020, dont un don de 640 millions et des prêts provenant de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour le renforcement des infrastructures, l’électrification et l’amélioration du système judiciaire.

Un montant qui devrait être revu à la hausse, d’après l’ambassadeur de l’UE à Madagascar Antonio Sanchez-Benedito, « en fonction de la qualité d’absorption des investissements de l’île ».

Le Japon s’engage pour le port de Toamasina

Les 445 millions de dollars du Japon entre 2017 et 2021 iront au projet d’extension de port de Toamasina et toucheront aussi les projets de sécurité aéroportuaire. Les liens sont forts entre les deux pays, Madagascar est le premier exportateur de nickel au Japon.

D’autres bailleurs ont aussi levé le doigt pour faire des annonces : 100 millions d’euros sont débloqués par l’Agence française de développement pour des projets urbains, 100 millions d’euros aussi du côté du réseau Aga Khan de développement ou encore 117 millions du Fonds international de développement agricole (Fida) mis sur la table d’ici 2017.

Des aides bienvenues

Autant d’appuis qui viendront soutenir des besoins chiffrés à 204 millions de dollars, rien que pour les projets d’infrastructures prioritaires. Comme par exemple l’aménagement de l’aéroport de Tuléar, au sud-ouest de l’île, qui devrait être réalisé « afin d’accueillir des gros porteurs, pour devenir un grand hub de fret régional, assurer de nouvelles dessertes tant au niveau domestique, régional qu’avec l’Afrique du sud et appuyer ainsi les exportations », d’après le ministre des Transports et de la Météorologie Ramanantsoa Ramarcel Benjamina.

Celui-ci a ajouté que « la réhabilitation du chemin de fer du sud permettra l’évacuation des exportations de litchis, de café, du poivre, de girofles et l’exploitation touristique de la partie forestière ». Les besoins sont également nombreux en ce qui concerne l’électricité, avec des besoins évalués à 622 millions de dollars.

L’événement préparé en amont depuis 18 mois se veut ainsi comme un retour de Madagascar sur la scène politique et économique mondiale et océanienne. « Avec un taux de croissance qui devrait atteindre les 4,1% en 2016, l’économie se relève progressivement de la période de turbulences économiques et d’isolement international qui a pris fin en 2014 », appuie le Fonds monétaire international dans une note distribuée à l’occasion.

Comme nous l’a confirmé Soraya Mellali, administratrice de la BAD, la perception des bailleurs de fonds internationaux a changé. Elle tient désormais compte du véritable potentiel que recèle l’île et des tournants politiques engagés. La quête d’investissements s’impose car les défis de développement de l’île sont considérables : 80% de la population malgache vit avec moins d’un dollar par jour.

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