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RD Congo : au moins six militants de « Bye-Bye Kabila » arrêtés dans le nord-est du pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Militants de la Lucha, près de Goma, dans l'est de la RD Congo. © Compte Facebook de la Lucha

Au moins six personnes, dont cinq militants de "Bye-Bye Kabila", un mouvement à l’initiative de la Lucha appelant à la confiscation des biens d'une trentaine de personnalités congolaises, ont été arrêtées jeudi à Bunia dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a rapporté l'AFP de sources concordantes.

« Nous avons vu une jeep de la police venir arrêter environ huit ou dix membres de la Lucha vers 11h30 (9h30GMT) alors qu’ils se préparaient à tenir un point de presse sur la campagne Bye-Bye Kabila », a déclaré un fonctionnaire, sous couvert d’anonymat. « Ces militants et d’autres personnes sur les lieux ont été brutalisés, on ne sait pas où ils ont été amenés », a-t-il ajouté, joint par téléphone de Kinshasa.

Bilan revu à la baisse

« Cinq de nos militants ont été arrêtés aujourd’hui à Bunia », a ajouté Serges Sivya, un autre militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), à Goma, où le lancement de la campagne « Bye-Bye Kabila » s’est déroulé sans incident. « C’est ridicule d’arrêter des gens pour un point de presse et penser que de telles intimidations vont arrêter le train de la démocratie en RDC », a-t-il par ailleurs ajouté.

De son côté, le Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RD Congo a fait état de l’arrestation de cinq membres de Lucha et d’un journaliste à Bunia dans un nouveau tweet, revoyant ainsi à la baisse un premier bilan de sept personnes arrêtées par la police.

La Lucha demande la saisie des avoirs de Kabila et de ses proches 

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, la Lucha a appelé à la saisie des avoirs d’une trentaine de personnalités congolaises après le 19 décembre, date officielle de la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila. Sur cette liste de 35 personnes figurent Joseph Kabila et ses proches, quelques membres du gouvernement, des officiers de l’armée et de la police ayant, selon la Lucha, des comptes à rendre pour leurs crimes de sang ou économiques, quitte à hypothéquer l’avenir de 70 millions de Congolais.

« On n’appelle pas à la révolte. C’est l’État qui va saisir leurs biens », a expliqué à l’AFP Bienvenu Matumo, un des animateurs de Lucha, ajoutant que c’est l’ultime moyen de pression sur ces personnes qui assument des responsabilités dans le cercle restreint du pouvoir.

« C’est irrationnel, c’est d’un ridicule innommable de la part de ceux qui veulent ligoter leur propre pays », a réagi à l’AFP le porte-parole du gouvernement Lambert Mende. »La haine ne peut pas guider les gens », a-t-il ajouté, s’interrogeant sur les critères qui ont conduit à l’élaboration de cette liste.

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