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Tunisie : 14 ans de prison à Nabeul pour 11 personnes ayant manifesté après l’assassinat de Chokri Belaïd

Par Jeune Afrique avec AFP

Des manifestants en colère après l'assassinat de Chokri Belaïd le 6 février 2013. © Amine Landoulsi/AP/SIPA

Onze personnes ont été condamnées à 14 ans de prison en Tunisie pour avoir participé à des manifestations après l'assassinat d'un opposant en 2013, au cours desquelles un poste de police avait été incendié, a indiqué jeudi une responsable judiciaire.

Les faits se sont produits le 7 février 2013 à Kélibia, dans le nord de la Tunisie, au lendemain de l’assassinat de l’avocat et militant Chokri Belaïd, alors âgé de 48 ans.

« Rébellion avec des armes »

Les accusés, qui ont aujourd’hui de 21 à 28 ans, ont notamment été reconnus coupables d’ « avoir volontairement mis le feu à un lieu non habité », d’ « avoir participé à une rébellion avec des armes » et d’ « agression avec violence sur un fonctionnaire », a déclaré à l’AFP Rihab Mhadhbi, la porte-parole du tribunal de première instance de Nabeul. Chacun d’entre eux a été condamné à 14 ans de prison, a-t-elle précisé. Le jugement a été rendu en octobre mais n’a été connu que cette semaine.

Des peines « très dures », a déploré Nabil Mtaallah, le chef de la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), qui suit le dossier depuis 2013. Les 11 accusés ont nié les charges et vont faire appel, a indiqué à l’AFP l’un de leurs avocats, Anis Zine.

Nabil Mtaallah a assuré que certains d’entre eux avaient seulement été photographiés devant le poste, l’un une pierre à la main, un autre en possession d’ « une casquette de policier », ce qui lui a valu d’être aussi condamné pour vol.

L’affaire Chokri Belaïd toujours en cours

L’assassinat le 6 février 2013 de Chokri Belaïd, farouche critique des islamistes d’Ennahdha alors aux commandes, avait provoqué une onde de choc en Tunisie, où des manifestations massives avaient eu lieu à travers le pays.

L’opposant avait été tué devant chez lui à Tunis. Son assassinat, ainsi que celui du député nationaliste de gauche Mohamed Brahmi, en juillet 2013, ont été revendiqués par des jihadistes ralliés au groupe EÉtat islamique (EI) en décembre 2014. Et plus de trois ans après, l’affaire n’est toujours pas résolu.

Alors qu’il devait initialement se tenir le 17 juin 2016, le procès de 24 Tunisiens accusés d’implication dans cet assassinat avait été reporté au 28 octobre, puis une nouvelle fois au 27 décembre.

En attendant cette date, le collectif de défense dans l’affaire de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd a déposé plainte contre le juge d’instruction en charge du dossier « pour complicité de meurtre et homicide volontaire avec préméditation ». Lors d’une conférence de presse à Tunis le 21 novembre, Ali Kalthoum, membre de ce collectif, a accusé le ministère de l’Intérieur, alors sous la direction d’Ali Larayedh et de Lotfi Ben Jeddou, de dissimuler des preuves relatives à l’assassinat.

 

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