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OCP finance l’expansion de son appareil productif et apure ses dettes

Mostafa Terrab est le PDG du producteur d'engrais marocain OCP. © Alexandre Dupeyron pour J.A.

Le géant marocain des phosphates OCP s'apprête à lancer un important emprunt obligataire pour développer ses capacités de production, dans le sillage du méga contrat industriel passé avec l’Éthiopie à la mi-novembre.

Le feu vert de l’assemblée générale d’OCP SA obtenu par Mostafa Terrab pour émettre sur le marché obligataire marocain jusqu’à 5 milliards de dirhams (455 millions d’euros) remonte en fait au 4 octobre. Mais il vient seulement d’être confirmé par le groupe. Le PDG du géant panafricain des phosphates (4,4 milliards d’euros de revenus en 2015) dispose d’une marge de manœuvre quant aux modalités de cette opération, qui doit avoir lieu d’ici à octobre 2017. La levée de fonds pourra se faire en une ou plusieurs tranches, sous la forme d’obligations subordonnées cotées, et non cotées.

L’emprunt obligataire est conseillé par l’avocat marocain Mustapha Mourahib du bureau casablancais de Clifford Chance et pilotée par Mehdi Bouriss, directeur général délégué chargé du pôle corporate & investment banking de la banque d’investissement marocaine CDG Capital.

La levée s’inscrit dans le cadre du « programme d’investissement d’envergure 2008-2025 » d’OCP, transformée en société anonyme, et qui renforce ses opérations à l’international (Pakistan, Brésil, Argentine, États-Unis) et sur le continent africain : Mali, Gabon, Côte d’Ivoire, etc. et dernièrement en Éthiopie. Dans le cadre de ce plan, les objectifs de production de l’Office sont de 7,8 millions de tonnes d’acide phosphorique en 2020, contre 5, 7 millions t actuellement, et 14 millions t d’engrais contre 8,5 millions t aujourd’hui.

Le programme vise notamment à financer l’augmentation des capacités de la plateforme d’OCP à Jorf Lasfar qui doit desservir les marchés africains. Dans le cadre du méga projet industriel de 2,4 milliards de dollars signé par le roi Mohammed VI à Addis-Abeba le mois dernier, le groupe marocain s’est en effet engagé à fournir l’acide phosphorique de la future usine d’engrais sur place. Contacté à Casablanca, la direction de l’Office n’est pas revenue vers nous pour nous préciser le volume envisagé de ce contrat.

Le 28 novembre, l’OCP a par ailleurs signé un protocole d’accord avec l’administration fiscale marocaine, qui prévoit le paiement de 950 millions de dirhams (86,4 millions d’euros) au titre du règlement d’un certain nombre d’impôts dus par OCP sur la période 2012-2015. De quoi apurer son passif en prélude au lancement de l’emprunt.

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