Fermer

Mozambique : 5 000 personnes fuient les combats entre l’armée et la milice d’opposition

Par Jeune Afrique avec AFP

Un membre des forces gouvernementales mozambicaines aux abords du dépôt militaire de Malhazine. © Christopher Torchia/AP/SIPA

Le centre du Mozambique, gangrené par un conflit entre les forces gouvernementales et la milice du parti d'opposition, a poussé plus de 5 000 personnes à quitter leur domicile. Un bilan alarmant, établi mardi par la télévision mozambicaine.

5 000 personnes déplacées, parties loin de leur domicile et surtout des affrontements qui font rage dans le centre du Mozambique. Ce bilan inquiétant a été dressé mardi par la télévision mozambicaine, qui parle de 2 280 habitants de la province de Manica déplacés et de 2 500 autres réfugiés au Malawi, le pays voisin.

Des camps de déplacés sans moyens

Ces chiffres s’appuient sur les études du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Institut national pour la gestion des calamités (INGC). L’INGC a ouvert cinq camps de déplacés dans la province de Manica (centre), dont deux depuis le 7 novembre. À noter que quelques milliers de personnes seraient également hébergées dans des familles d’accueil, selon les ONG locales.

Principale raison de cet exode, les persécutions et combats qui opposent les forces gouvernementales à la branche armée du principal parti d’opposition, la Renamo.

« Nous vivons dans des tentes parce qu’il y a la guerre. Mon père a été tué par la guerre, donc je suis toute seule avec ma mère », a expliqué Maria Joaquim, une déplacée de 16 ans dans le camp de Vanduzi (centre), à la télévision indépendante STV.

« J’ai dû tout laisser : mes champs, mes bœufs et mes animaux », a expliqué pour sa part Rafique Calima, qui a fui avec toute sa famille. « Le gouvernement nous a donné des tentes pour que nous restions ici ».

Interrogé sur place par les journalistes, le directeur de l’INGC, Joao Machatine, a reconnu les piètres conditions d’hébergement des déplacés, liées selon lui au manque d’eau et de tentes, ainsi qu’aux problèmes d’hygiène.

La Renamo reprend les armes contre le Frelimo

La Renamo, l’ancienne rébellion de la guerre civile mozambicaine (1976-1992), a repris les armes en 2013 pour contester la mainmise du Frelimo, parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975.

Les rebelles mènent des attaques sur les principales routes nationales et parfois dans des villages, essentiellement dans le centre du pays, et accusent l’armée de vouloir assassiner le chef de l’opposition, Afonso Dhlakama, retranché dans les montagnes de Gorongosa (centre) depuis octobre 2015.

La crise politico-militaire s’est muée en conflit larvé depuis un pic de tension au début de l’année 2016. Des négociations entre la Renamo et le gouvernement ont repris fin mai à Maputo.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici