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Tunisie : l’ambitieux « port financier de Tunis » à nouveau sur les rails

Le nouveau chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed au palais présidentiel à Tunis, le 3 août 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Reporté à plusieurs reprises, le mégaprojet du « Port Financier de Tunis » — vaste projet immobilier au nord de Tunis — a finalement été remis sur le tapis, dimanche, sous l’impulsion du chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed à la veille de l'ouverture de la conférence nationale de relance de l'investissement "Tunisia 2020".

Les travaux ont débuté le 27 novembre à Kalaât El-Andalous, dans le gouvernorat de l’Ariana (banlieue de Tunis). Ils sont pilotés par la société Tunis Bay Project Company, filiale de la banque d’investissement bahreïnie Gulf Finance House (GFH).

« Le lancement des travaux de réalisation de ce mégaprojet, deux jours avant le démarrage de la conférence internationale sur l’investissement ‘Tunisie 2020’, est porteur d’un message clair aux investisseurs étrangers », a déclaré Youssef Chahed, qui s’est rendu sur place en compagnie du ministre de l’Investissement, du Développement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi, et du ministre de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement Territorial, Mohamed Salah Arfaoui.

« Grâce à cet événement important, la Tunisie veut se repositionner sur l’échiquier mondial de l’investissement », a-t-il ajouté, réaffirmant l’engagement du gouvernement à soutenir et encourager les investisseurs tunisiens et étrangers via notamment l’assouplissement des procédures administratives.

6,5 milliards de dinars sur huit ans

Présenté comme l’un des plus importants projets d’Afrique du Nord, ce centre financier offshore « sera fin prêt d’ici huit ans », a affirmé le directeur général du projet Hichem Errayes.

« Les chantiers lancés prévoient la réalisation des deux premières étapes du projet moyennant une première enveloppe d’une valeur de 350 millions de dinars (environ 143 millions d’euros) », a-t-il indiqué. Réalisé en quatre étapes, ce mégaprojet, dont le coût de réalisation s’élève à un total de 6,5 milliards de dinars, devrait couvrir une superficie de 523 hectares.

Le « port financier de Tunis » devrait comprendre une université des finances, un complexe commercial, des hôtels cinq étoiles, des locaux commerciaux et bureaux professionnels, des espaces résidentiels, une clinique privée ainsi qu’une tour de 35 étages. Il abritera également un port de plaisance de 30 hectares « pouvant accueillir 850 yachts », ainsi qu’un terrain de golf de 82 hectares (à 18 trous) pour « des compétitions internationales. »

Pas la première pierre

Un mégaprojet immobilier qui peine à voir le jour. Il est en projet depuis 2008, date à laquelle un premier accord d’investissement avait été conclu entre le gouvernement de Ben Ali et la GFH, les travaux devant débuter l’année suivante. Si la première pierre avait bien été posée par l’ancien président tunisien, le projet a pâti de la crise économique mondiale de 2008 puis de la révolution tunisienne en 2011. Avant d’être déterrée en mars 2014, avec la signature d’un nouvel accord pour la première partie des travaux, puis encore abandonnée à cause de l’instabilité politique et sociale du pays.

Cette fois-ci sera-t-elle donc la bonne ? En plus d’insuffler une nouvelle dynamique économique au pays et de renforcer sa notoriété à l’étranger, ce projet devrait également générer des milliers d’emploi pour les Tunisiens, a assuré Youssef Chahed.

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