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Ouganda : le bilan des combats entre miliciens et forces de sécurité monte à 87 morts

Par Jeune Afrique avec AFP

Des militaires ougandais sur le point de partir à l'assaut contre des Shebab en Somalie le 29 août 2014 (photo d'illustration). © Tobin Jones/AP/SIPA

Le bilan ne cesse de s'alourdir dans l'ouest de l'Ouganda. Après les affrontements entre les forces de sécurité et les miliciens d'un souverain local dans la ville de Kasese samedi 26 novembre, les autorités ont annoncé mardi que 87 personnes avaient trouvé la mort dans les combats.

Les rues se sont vidées, mais la tension demeure à Kasese. Dans cette ville de l’ouest de l’Ouganda, où de violents affrontements ont opposé samedi les forces de sécurité gouvernementales et les gardes de Charles Wesley Mumbere, souverain du royaume de Rwenzururu, la police compte encore les morts. De 55 morts, le bilan est passé à 87 mardi, a annoncé Andrew Felix Kaweesi, un porte-parole de la police ougandaise. Avant d’ajouter que parmi les victimes, « les gardes royaux sont au nombre de 46. »

Les gardes royaux accusés de soutenir le séparatisme local

Pour expliquer l’éclatement de ces heurts, la police dit avoir été attaquée par des gardes royaux, qu’elle accuse de faire partie d’une milice liée à un mouvement prônant la création d’une « république de Yiira » sur la zone frontalière entre l’ouest de l’Ouganda et une partie du Nord-Kivu en RD Congo.

Selon le général Peter Elwelu, interrogé par la télévision NTV, cette milice mène depuis 2014 des attaques sporadiques contre le gouvernement et des civils. Il assure que le président ougandais Yoweri Museveni a téléphoné dimanche matin au roi Mumbere pour lui demander de disperser ses gardes. « Nous lui avons donné une heure, qui s’est écoulée. Le président l’a à nouveau appelé et lui a donné deux heures en lui disant : S’il vous plaît, réglez cette histoire ».

Le roi, qui nie tout lien avec la milice séparatiste et n’a pas répondu aux accusations des autorités sur l’origine des combats du week-end, a été transféré à Kampala, a indiqué Andrew Felix Kaweesi. Il a comparu mardi devant un tribunal, qui l’a inculpé de meurtre. Il a ensuite été transféré dans la prison de haute sécurité de Luzira, en périphérie de la capitale Kampala.

La journaliste ougandaise Joy Doreen Biira, originaire de cette région et qui couvrait ces violences, a par ailleurs été interpellée à Kasese dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’avocat des droits de l’Homme Nicholas Opiyo.

Un « massacre » dénoncé par l’opposition

L’opposant historique ougandais Kizza Besigye a de son côté partagé sur Twitter des images montrant ce qu’il affirme être des dizaines de corps empilés devant la palais royal, et dénoncé un « massacre ».

Le royaume Rwenzururu est une monarchie traditionnelle basée près des monts Rwenzori, à cheval sur la frontière entre l’Ouganda et la RD Congo, dont les membres appartiennent à l’ethnie bakonzo, présente dans les deux pays.

La monarchie s’est transformée en mouvement séparatiste lorsque les Bakonzo ont proclamé leur royaume en 1962. Les troubles ont pris fin en 1982 avec le dépôt des armes par les militants séparatistes en échange d’une autonomie locale.

Yoweri Museveni a officiellement reconnu le royaume en 2009. Mais le conflit ethnique et politique a continué, nourri par un sentiment de déclassement des populations locales.

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