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Syrie : des milliers de personnes fuient Alep, les troupes du régime progressent

Par Jeune Afrique avec AFP

Quartier de Saif Al Dawla, à Alep, en Syrie, le 2 octobre 2012. © Manu Brabo/AP/SIPA

Les troupes du régime syrien reprennent l'un après l'autre les quartiers d'Alep face aux rebelles, qui ont désormais perdu le contrôle du nord-est de la ville. Plusieurs milliers d'habitants ont fui en 24 heures et la ville est désormais coupée en deux.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), près de 10 000 civils ont fui Alep-Est depuis la nuit de samedi 26 à dimanche 27 novembre. « Au moins 6 000 d’entre eux sont allés dans le quartier [sous contrôle des forces kurdes] de Cheikh Maqsoud, le reste est allé dans les zones gouvernementales d’Alep« , a précisé l’observatoire.

Exode massif des habitants d’Alep-Est

« C’est le premier exode de ce genre d’Alep-Est » depuis plus de quatre ans, explique le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Inédits depuis 2012, ces reculs sont les plus importants pour les insurgés depuis le lancement le 15 novembre par le régime d’une violente offensive. Celle-ci vise à reprendre la totalité de la deuxième ville du pays, devenue un enjeu majeur du conflit.

Un siège qui dure depuis 4 mois

Le secteur Est, où vivent quelque 250 000 habitants, est asphyxié par un siège, imposé par le régime du président syrien Bachar al-Assad depuis quatre mois. Il subit aussi des bombardements dévastateurs depuis treize jours.

La capture samedi 26 novembre du quartier de Massaken Hanano, le plus grand d’Alep-Est, a marqué le début de cette importante avancée de l’armée, qui s’est emparée dimanche des cinq quartiers adjacents, selon l’OSDH.

Ce lundi 28 novembre au matin, l’avancée des troupes du régime se poursuivait.

Le régime veut « nettoyer » le secteur

Massaken Hanano avait été le premier quartier capturé par les rebelles à l’été 2012, divisant l’ex-capitale économique de la Syrie en deux. Après s’en être emparé, le régime a exprimé sa volonté de « nettoyer » ce secteur de la rébellion, laquelle dénonce l’inaction de la communauté internationale face à la politique « de faim et de soumission » pratiquée par Damas.

La télévision d’État syrienne a diffusé dimanche des images montrant un grand nombre de civils se rassemblant près de bus verts venus les chercher. D’après les médias officiels, les déplacés en zone gouvernementale ont été emmenés « par l’armée vers des lieux sûrs ».

Le bilan de l’offensive lancée il y a 13 jours s’élevait dimanche à 225 civils tués dont 27 enfants à Alep-Est, où les habitants manquent de tout, en raison du siège.

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