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À Antananarivo, le Qatar paie (enfin) son dû à la Francophonie

Par - envoyé spécial

Le bureau océan Indien de l’OIF, à quelques mètres du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, à Antananarivo. © RIJASOLO/RIVA PRESS

L’émirat, qui n’avait jamais payé ses cotisations depuis son adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en 2012, a réglé les 3,3 millions d’euros qu’il devait. Mais d’autres pays ont toujours des arriérés de paiement.

« Le Qatar n’a pas tenu ses promesses ! » Au moment de quitter son poste, l’ancien administrateur général de l’OIF, Clément Duhaime, n’avait pas mâché ses mots contre l’émirat du golfe. Depuis son adhésion comme membre associé de l’organisation en 2012, il n’avait jamais réglé ses cotisations.

Menacé de ne plus pouvoir s’exprimer dans ses instances, l’émirat a finalement régularisé sa situation au cours du sommet de l’OIF à Antananarivo. Il a profité de la conférence ministérielle pour régler les 3,3 millions d’euros.

Pour l’OIF, c’est un soulagement. D’autant que d’autres membres sont également en retard de paiement. Au total, l’organisation, qui s’est dotée d’un budget de 72 millions d’euros pour 2017, accuse encore des arriérés de paiement de quelques 8 millions d’euros. C’est notamment le cas de la Grèce, qui a déjà 2,8 millions d’euros d’arriérés et n’a toujours pas réglé les 2,8 millions dus pour 2016… « Ils font vraiment ce qu’ils peuvent, mais ils ont de vraies difficultés financières », jugeait un cadre de l’organisation.

Des pays africains en retard de paiement

La Grèce est en effet astreinte à l’une des contributions les plus élevées de l’organisation. Celui-ci est en principe calculé en fonction du statut du pays (membre de plein droit, associé, observateur…) et de ses ressources. Principal contributeur, la France verse quant à elle 14,7 millions d’euros de contribution statutaire, suivie du Canada (10,2 millions), de la Suisse (3,9 millions) et de la Wallonie (3,8 millions). Tous sont à jour de leurs contributions et certains ajoutent des contributions volontaires substantielles.

Les contributions des pays africains sont en revanche modestes : la plus importante est celle du Maroc avec 146 000 euros prévus pour 2017. Malgré cela, certains États du continent ont accumulé des arriérés importants. C’est le cas de la Guinée-Bissau (735 000 euros), de la Centrafrique (603 000) ou encore de Sao Tome e Principe (508 000 euros). « Dans ce genre de situation, nous proposons des plans d’apurement mais, en cas de refus, nous sommes contraints d’adopter des sanctions graduées », explique un cadre de l’organisation. « D’abord, le pays membre ne peut plus présider de groupe de travail, ensuite il ne peut plus organiser d’événement de l’OIF sur son territoire. Si cela ne suffit pas, il n’est plus s’exprimer dans les instances. » Un accord d’apurement vient d’ailleurs d’être conclu avec les Comores, qui ont payé une partie des 832 000 euros dus.

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