Fermer

Tunisie : coup d’envoi de la campagne « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes »

Par Jeune Afrique

Des milliers de femmes souffrent chaque année de violences conjugales au Maghreb. © Wikimedia Commons/Slick-o-bot

Avec le soutien de l'Organisation des nations unies (ONU), la société civile tunisienne lance une campagne nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes, qui se déroulera du 25 novembre au 10 décembre 2016.

Deux dates qui ne sont pas anodines, puisque le 25 novembre correspond à la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et le 10 décembre à la Journée internationale des droits de l’Homme.

Programme de la campagne

Au programme de cette campagne organisée par l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), des actions ponctuelles et des événements dans tout le pays à l’adresse des femmes victimes de violences, mais aussi du corps éducatif (élèves, parents, employés), des pensionnaires de la prison pour femmes de la Mannouba, et des acteurs de la société civile.

Un spot de sensibilisation sur le harcèlement sexuel sera diffusé tous les jours sur les médias audiovisuels, et des courts métrages de sensibilisation produits par les Nations unies seront projetés dans les régions. Une campagne nationale visera par ailleurs à faire connaître la Convention d’Istanbul – ou “Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique” -, en collaboration avec la Ligue des femmes juristes.

Autres événements prévus : des rencontres-débats, une formation de journalistes sur le traitement de ce sujet, la publication de nouveaux résultats d’études, ou encore des cercles de discussion sur le silence des victimes et sur le suicide, avec analyses juridiques, sociales et psychologiques de témoignages de femmes victimes de violences.

Plus de 47% des Tunisiennes victimes de violences

Malgré la promulgation du Code du statut personnel (CSP) dès 1956 et l’article 46 de la Constitution de 2014 en faveur des droits des femmes, la violence conjugale sous toutes ses formes est devenue la première cause d’agressions physiques et de décès des femmes âgées entre 16 et 44 ans, d’après un rapport de l’Office national de la famille et de la population (ONFP), publié en 2014. En 2010, le même ONFP signalait que 47,6 % des femmes tunisiennes entre 18 et 64 ans déclaraient avoir été victimes d’une forme de violence au cours de leur vie. Dans 43% des cas, les violences physiques subies par la victime étaient causées par un membre de sa famille.

Plus récemment, une enquête du Centre d’études, de recherches, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF) a révélé en mars 2016 que 78% des Tunisiennes auraient subi une forme de violence morale, 41% une violence physique et 75.4% une violence sexuelle, entre 2011 et 2015.

En mars 2016, l’association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement a annoncé l’ouverture d’un centre d’hébergement pour les femmes victimes de violence et leurs enfants, « un espace de vie sécurisé et un ensemble de services qui les aideront à se reconstruire et à reprendre le contrôle de leur vie”. Début octobre, l’association Beity a également inauguré un centre d’accueil accueillant des femmes sans abris, plus vulnérables, et un projet de loi sur les violences faites aux femmes est en attente d’examen à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici