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Burkina : le Parlement autorise de nouveau les militaires à intégrer le gouvernement

Par Jeune Afrique avec AFP

Isaac Yacouba Zida, le 3 novembre 2014, alors lieutenant-colonel. © Theo Renaut/AP/SIPA

Échaudée par les expériences passées, l'assemblée parlementaire mise en place après la chute de l'ex-président Blaise Compaoré avait interdit en juin 2015 aux militaires de s'impliquer en politique. Les députés ont fait machine arrière jeudi, avec le vote d'un amendement autorisant à nouveau les membres de l'armée à participer au gouvernement.

Plus d’un an après le coup d’État manqué, le Burkina Faso semble avoir pardonné. Désormais, les militaires de ce pays où l’armée est omniprésente dans la sphère politique pourront intégrer le gouvernement, enterrant ainsi la décision de 2015 du Conseil National de Transition.

Les partis et les associations politiques restent inaccessibles aux militaires

Cette loi n’avait pourtant pas empêché le général Diendéré et les forces du Régiment de Sécurité Présidentielle de tenter un putsch en septembre 2015. Mais elle obligeait formellement les militaires à démissionner de l’armée s’ils voulaient faire carrière en politique.

« Il ne faut pas confondre dépolitisation de l’armée et démilitarisation de l’administration. Les militaires sont des citoyens à part entière. Ils ont des qualifications énormes et on peut faire appel à un militaire qui a des compétences avérées pour résoudre un problème dans un gouvernement ou dans l’Administration sans pour autant qu’il s’affilie à un parti politique », a déclaré le député Halidou Sanfo en présentant le projet de loi à ses pairs.

La loi adoptée par les 120 députés votants maintient cependant l’interdiction faite aux militaires d’adhérer à un parti politique ou à une association à caractère politique.

La nouvelle loi remet de l’ordre dans le système d’avancement hiérarchique

Le commandement militaire a également fait rétablir l’ancien système d’avancement dans l’armée. En vertu de la modification intervenue en juin 2015, l’ex-Premier ministre de la transition, le lieutenant-colonel Isaac Zida, s’était fait propulser au grade de général de division, sautant ainsi quatre grades d’un seul coup. Cette situation avait mécontenté la « grande muette » qui s’était dit flouée par le pouvoir de l’époque. Selon la nouvelle loi, « l’avancement ne peut se faire qu’au grade immédiatement supérieur ».

Pays pauvre d’Afrique de l’ouest, le Burkina a connu une demi-douzaine de coups d’État depuis son indépendance en 1960. Six des huit présidents ayant dirigé le pays étaient des militaires. L’armée burkinabè compte environ 12 000 hommes.

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