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RD Congo : appel au calme dans le Sud-Est après de nouveaux heurts meurtriers entre ethnies

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Pygmées s'apprêtent à partir à la chasse dans la région d'Epulu, au Congo, le 18 mars 2010. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Malgré les affrontements interethniques meurtriers qui ont marqué ces derniers jours le Tanganyika, le gouverneur de cette province du sud-est de la République démocratique du Congo a appelé au calme jeudi.

Il a tenté de se montrer rassurant. Jeudi, Richard Ngoyi Kitamala, le gouverneur du Tanganyika, a avant tout voulu apaiser les inquiétudes de ses administrés en déclarant : « La situation n’est pas alarmante comme beaucoup voudraient le faire croire », et en leur conseillant de « vaquer librement à leurs occupations ».

Démenti au sujet de la tuerie de Muswaki

Joint par téléphone à Kalemie, capitale du Tanganyika, Richard Ngoyi Kitamala a néanmoins reconnu qu’il y avait régulièrement « des affrontements sporadiques entre Pygmées et Bantous dans la région ». Mais il a qualifié de « rumeurs » les informations sur une « tuerie » à Muswaki.

Mercredi, le colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole de la Monusco, la mission de l’ONU en RD Congo, avait indiqué avoir reçu des informations « non confirmées » sur une attaque de Pygmées qui aurait fait trente morts dans cette localité située à quelque 70 km à l’ouest de Kalemie.

José Bulabula, secrétaire provincial adjoint des jeunes du Parti du peuple pour le reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique du président congolais Joseph Kabila, dit s’être trouvé à Muswaki pour des affaires privées mardi. Ce jour-là, « les Pygmées ont attaqué le train de marchandises qui se rendait à Kalemie vers 5 heures du matin, il y a eu mort d’hommes », tout comme le lendemain, lorsque les Bantous d’ethnie Luba « se sont organisés et ont attaqué les Pygmées ».

17 blessés par flèches admis à l’hôpital

Selon un responsable de l’administration locale ayant requis l’anonymat, « on a retrouvé encore trois corps le long de la voie ferrée » jeudi matin. Médecin à l’hôpital de référence de Kalemie, le docteur Gustave Kabezia a indiqué que son établissement avait admis « 17 blessés par flèches » en provenance de Muswaki depuis mardi, « dont un est décédé jeudi matin ».

Depuis décembre 2013, le Tanganyika est le théâtre d’affrontements récurrents entre Lubas et Pygmées de l’ethnie Twa. D’abord localisé, le conflit a dégénéré sur fond de misère et de frustrations accumulées et entraîné un cycle de violences ayant fait plus de 200 morts et plusieurs dizaines de déplacés.

En septembre, la justice congolaise avait condamné quatre Bantous à 15 ans de prison pour crimes contre l’humanité en liaison avec ce conflit. Peuple des forêts, les Pygmées s’estiment traités comme des êtres inférieurs et voient leur mode de vie menacé par la déforestation, notamment du fait de l’extension des terres arables exploitées par les Lubas.

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