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Législatives en Côte d’Ivoire : le PDCI face à la fronde

L'ancien Président Henri Konan Bedié vote lors du référendum sur la nouvelle Constitution, le 30 octobre 2016. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Les frondeurs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avaient déjà fait voler en éclat l'unité du parti. Mais depuis que les investitures pour les législatives du 18 décembre ont été dévoilées, la fronde s'est élargie.

Cause de ce ressentiment, la mise en commun des candidatures du PDCI avec celles du Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara, désormais investies sous la bannière de la coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

L’alliance, perçue comme un test en vue d’un éventuel rassemblement des houphouëtistes dans un parti unifié, a une nouvelle fois suscité le ressentiment de certains cadres du PDCI. Mais aussi des militants, qui estiment être à nouveau les grands perdants de l’alliance avec le RDR, après « l’appel de Daoukro » et le ralliement, dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2015, d’Henri Konan Bédié (HKB) à la candidature d’Alassane Ouattara.

« Le PDCI est en faillite »

Alors quand la répartition des candidatures RHDP aux législatives a été annoncée, certains ont vu rouge en apprenant que le parti présenterait 101 candidats sur les 255 sièges que compte l’Assemblée nationale, contre 135 candidatures attribuées au RDR de Ouattara. Le secrétaire exécutif du parti d’HKB, Maurice Kakou Guikahué, avait d’ailleurs été hué par les candidats recalés, à qui il demandait de ne pas se présenter en indépendant.

Sans surprise, certaines personnalités ont ignoré la consigne. Parmi eux, la député de Cocody, Yasmina Ouégnin, mais aussi le député de Port-Bouët, Kouadio Konan Bertin (KKB), candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2015 en dépit des consignes de son parti.

« La rupture entre la direction du parti et sa base est nette, le PDCI est en faillite », tranche ainsi ce frondeur de la première heure. Ce dernier en veut pour preuve la « grande partie des candidatures indépendantes issues des rangs du PDCI ». « Les militants ne veulent pas d’une alliance qui tue leur parti », ajoute KKB, avant de plaider pour un « renouvellement de la direction du PDCI ».

Démissions à Yopougon

Dernier signe de cette fronde, les responsables du PDCI à Yopougon ont décidé mi-novembre de démissionner des instances après l’investiture de Zié Daouda Coulibaly, membre du PDCI jusqu’à présent installé dans le nord du pays, à Ouangolo. « Un parachutage », avaient dénoncé les démissionnaires, rappelant que 13 membres du parti avaient fait acte de candidature dans cette circonscription.

Quelques jours plus tard, la direction du PDCI réunissait les démissionnaires le 18 novembre pour tenter de calmer l’amertume de chacun et rassurer la base militante. « Nous ne sommes pas dans un parti unifié mais dans un groupement de partis politiques. Chacun défend sa chapelle. Vous avez raison, votre colère est justifiée, mais votre démission est refusée », affirmait le secrétariat exécutif du parti, Maurice Kakou Guikahué, cité par le journal ivoirien L’Infodrome.

Pour autant, pas sûr que cette mise au point suffise à atténuer l’amertume des candidats recalés et d’une partie de la base militante, inquiets que le RDR n’étouffe leur parti.

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