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RDC : six jours après son arrestation, l’opposant Frédéric Boyenga toujours introuvable

Frédéric Boyenga Bofala, président de l'Unir - MN, parti d'opposition en RDC. © Capture d'écran/boyengabofala.com

À la tête de l'Union pour la République - Mouvement national (Unir-MN), Frédéric Boyenga Bofala a été arrêté avec l'un de ses collaborateurs dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 novembre à Kinshasa, selon ses proches. Problème : personne ne sait où cet opposant est détenu.

Où est-il passé ? « En tout cas, il n’est pas chez nous », jure une source policière à Kinshasa. Près d’une semaine après son interpellation, Frédéric Boyenga Boyala, 56 ans, demeure introuvable.

« Il est arrivé à Kinshasa le dimanche [13 novembre] pour mener des contacts tout à fait transparents avec les membres de la Majorité présidentielle (MP) et ceux de l’opposition », raconte à Jeune Afrique Olivier Meskens Kufunga, secrétaire général de l’Union pour la République – Mouvement national (Unir-MN), parti politique dirigé par Frédéric Boyenga.

« Aujourd’hui, de sources sûres, nous savons qu’il a été arrêté par des gardes républicains aux alentours de minuit, dans la nuit de jeudi à vendredi [17 au 18 novembre] alors qu’il était en train de passer un coup de fil au niveau du restaurant de l’hôtel où il était logé à Kinshasa. Ces hommes sont ensuite montés chercher son garde du corps [Pablo Diumbu Ndjeka, lui aussi de nationalité française, ndrl] dans sa chambre où lui aussi était en train de discuter au téléphone, avec son petit-frère », poursuit Olivier Meskens Kufunga.

« Les recherches sont en cours »

« Nous ne savons toujours pas les motifs de cette arrestation. D’autant que Frédéric Boyenga n’est pas du tout clivant. Depuis des mois, il prône une position de synthèse, une troisième voie pour sortir de l’impasse politique en RDC. Il préconise par exemple un dialogue réellement inclusif, avec une médiation conduite par un conseil d’anciens, et appelle à ne pas se limiter à la problématique électorale : il faut des réformes clés parce que la crise est systémique », ajoute le secrétaire général de l’Unir – MN.

« Nous ne comprenons donc pas pourquoi ils l’ont arrêté. C’est un grand mystère », conclut-il, exigeant toutefois la « libération immédiate » de ce « père de famille », résidant à Amiens, en France. Frédéric Boyenga a trois enfants.

Interpellé le 19 septembre, l’opposant Moïse Moni Della, auteur de plusieurs lettres ouvertes appelant le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir à la fin de son mandat, était resté introuvable pendant 48 heures avant d’être transféré au parquet général, puis à la prison de Makala. Depuis, son parti, les Conservateurs de la nature et démocrates (Conade), dénonce une « détention illégale » et exige sa « libération sans condition ».

L’ANR pointée du doigt

Concernant Frédéric Boyenga, qui détient la nationalité française, l’ambassade de France à Kinshasa a été saisie. « Les recherches sont en cours », souffle une source diplomatique dans la capitale congolaise, sans plus d’informations.

« Nous avons regardé les listes des détenus dans les cachots de la police, Frédéric Boyenga n’y est pas. Il se trouve sans doute dans les autres services de sécurité », explique un officier congolais de la police nationale à Kinshasa. « Nous continuons des recherches », assure-t-il.

« Ces derniers mois, l’Agence nationale de renseignement (ANR) a multiplié des enlèvements similaires. Récemment, des jeunes ont été arrêtés et conduits dans des destinations inconnues parce qu’ils portaient des t-shirts jaunes pour avertir le président Kabila de la fin de son mandat. Il faut chercher Frédéric Boyenga dans les cachots de l’ANR », pointe un opposant.

Nos tentatives pour recueillir la réaction de l’ANR n’ont pas abouti.

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