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Tunisie : le ministre de l’Éducation obligé de revoir sa copie

Le Ministre de l'Éducation tunisien Néji Jalloul. © Nizar Kerkeni/Wikimedia Commons

Face à la grogne des élèves, Néji Jalloul, ministre de l’Éducation, a accepté de réviser une partie de ses réformes. Mais cela suffira-t-il à apaiser les tensions ?

Au terme d’une énième réunion avec le syndicat général de l’enseignement secondaire le 21 novembre, le ministère de l’Éducation a annoncé de nouvelles mesures pour mieux faire avaler la pilule des réformes scolaires : une baisse du nombre de devoirs et une modification du calendrier des examens.

Cette décision intervient à la suite de la vague de protestations qui a gagné depuis une semaine plusieurs collèges et lycées du pays sur fond d’appels à la révision du système éducatif.

Le contrôle continu maintenu mais allégé

Après l’annonce par Néji Jalloul d’une prolongation de la période d’examens jusqu’au 14 Décembre 2016, ce nouvel accord prévoit une évaluation des élèves, au titre du premier semestre, sur la base d’un devoir surveillé par matière. L’objectif étant de leur permettre de passer les épreuves « dans des conditions favorables », précise un communiqué conjoint publié par le gouvernement.

Pour les matières ayant déjà fait l’objet de deux devoirs surveillés, une source de l’agence TAP présente lors de la réunion a indiqué que seule la meilleure note serait retenue pour le calcul de la moyenne et que les examens de synthèse du premier semestre auraient lieu entre le 12 décembre 2016 et le 5 janvier 2017.

Le calendrier précis, qui devra être fixé d’ici le 10 décembre, devrait prévoir un seul devoir par jour et alterner entre les matières à hauts et à plus faibles coefficients.

Invité sur les ondes de la radio Shems Fm, Néji Jalloul a tenu à rassurer les élèves en déclarant que la pression des examens – due selon lui à la mise en place tardive des réformes – sera moindre pour le second semestre. Et s’il affirme que le calendrier sera désormais moins chargé, « le système de contrôle continu sera quand même maintenu », a-t-il déclaré.

Mobilisation dans la rue et sur le net

Le 21 novembre, des dizaines d’élèves se sont réunis sur l’avenue Habib Bourguiba, devant le théâtre municipal de Tunis, scandant leur ras-le-bol face au système scolaire qu’ils jugent inadapté et inefficace.

Plusieurs grèves des professeurs, arrêts des cours et manifestations des élèves ont également eu lieu dans différentes villes tunisiennes comme Tunis, Bizerte, Sfax, Nabeul, Djerba, ou encore Jendouba.

Sur la Toile aussi, la colère enfle. Ponctuées du hashtag #بدّل_السيستام (« change le système »), plusieurs vidéos interpellent le ministre de l’Éducation, et des pages Facebook réunissent des dizaines de milliers de jeunes Tunisiens mécontents. « On en a marre », « on est fatigués », « pourquoi tout ce stress ? »… s’insurgent des élèves, qui se disent accablés par la surcharge d’examens et de devoirs, un rythme scolaire trop soutenu et un programme qui laisse peu de place à la réflexion et à l’esprit critique.

En cause également, le calendrier des vacances du nouveau système de semestres (et non plus de trimestres) – avec sept jours de vacances toutes les cinq semaines. Car à cause du nombre élevé d’examens et de devoirs, « ce ne sont pas des semaines de vacances, mais de révisions ! », clament certains.

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