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Afrique du Sud : considéré comme « indésirable » par les autorités, le rappeur Mos Def quitte le territoire

Par Jeune Afrique avec AFP

Le 8 mars 2016, au Cap, le rappeur américain Mos Def, de son vrai nom Dante Smith Bey, pénètre dans l'enceinte de la Cour de Justice de Bellville Magistrates pour être jugé pour infraction aux lois sud-africaines sur l'immigration. © Rodger BOSCH/AFP

Coupable de s'être rendu en Afrique du Sud avec un passeport non reconnu par les autorités en janvier dernier, le rappeur américain Mos Def a pu quitter le territoire mardi. Mais le gouvernement le considère désormais comme "indésirable".

L’année 2016 n’aura pas été très fructueuse pour Dante Smith Bey, plus connu sous le pseudonyme de Mos Def, son nom de scène. Arrêté en janvier dernier à Cape Town pour utilisation d’un passeport frauduleux, le rappeur américain a finalement quitté le territoire sud-africain ce mardi 22 novembre, onze mois après son interpellation.

Retenu onze mois en Afrique du Sud

Un épisode qui avait visiblement influé sur le moral de l’artiste de 42 ans, puisqu’il avait annoncé la fin de sa carrière dans la foulée de son arrestation via un freestyle téléphonique relayé par un autre poids lourd de la scène du rap américain, Kanye West.

Mos Def n’est pour l’instant pas revenu sur sa décision. Il s’est en revanche excusé auprès des autorités sud-africaines pour son comportement et son irrespect des lois migratoires locales, comme s’en est félicité le gouvernement : « Il s’est excusé sans réserve auprès du gouvernement sud-africain pour ses actions et pour tout le désagrément et le préjudice qu’il a pu causer », a déclaré mardi Mkuseli Apleni, le directeur général du ministère de l’Intérieur, l’autorisant donc à quitter le territoire le jour-même.

Un « passeport mondial » non reconnu par les autorités

Si Mos Def s’est retrouvé ainsi dans le collimateur de la justice, c’est qu’il comptait se rendre en Éthiopie depuis l’aéroport de Cape Town. Il ne disposait alors que d’un « passeport mondial » pour justifier de son identité, une pièce non reconnue par les autorités de Pretoria.

Le passeport mondial, délivré par la World Service Authority (WAS), une organisation non-gouvernementale américaine fondée en 1953, est un document créé au nom de la Déclaration universelle des droits de l’Homme mais refusé par la plupart des États. Seuls le Burkina Faso, la Mauritanie, la Tanzanie, le Togo et l’Équateur lui accordent une valeur, cependant essentiellement symbolique.

Conséquence de cet imbroglio administratif, le rappeur a été déclaré « indésirable » par le gouvernement sud-africain et « ne pourra plus obtenir un visa d’entrée à l’aéroport », a ajouté Mkuseli Apleni. S’il veut revenir un jour, l’artiste devra donc faire une demande spécifique de visa.

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