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ONU : des pays africains échouent à bloquer la nomination d’un expert sur les droits des LGBT

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Thaïlandais Vitit Muntarbhorn, en juin 2015 à Genève. © Jean-Christophe Bott/AP/SIPA

Un groupe de pays africains demandait la suspension de la nomination d'un expert de l'ONU sur les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), Vitit Muntarbhorn, affirmant que son mandat n'avait rien à voir avec les droits de l'homme.

Cette remise en cause a finalement échoué lundi 21 novembre, après l’intervention des pays d’Amérique latine. Soutenus par les États-Unis et plusieurs pays européens, ces derniers demandaient l’annulation de cette suspension, initiée par plusieurs pays africains.

Le texte a été adopté à 84 voix pour, 77 contre et 17 abstentions, sur les 193 membres que compte l’Assemblée générale des Nations Unies. L’Afrique du Sud a voté en faveur de l’amendement maintenant en place l’expert LGBT, de même que les Européens, les États-Unis, le Canada et les pays latino-américains.

Abstention du Rwanda 

La Somalie et le Rwanda se sont pour leur part abstenus, alors que la Chine, la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite ont soutenu l’initiative africaine, menée par le Botswana. La résolution amendée a ensuite été adoptée avec 94 voix pour, 80 absentions et 3 contre, précise Reuters.

La Russie et l’Égypte ont ensuite précisé qu’ils ne coopéreraient pas avec le Thaïlandais Vitit Muntarbhorn, nommé fin septembre 2016 par le Conseil des droits de l’homme pour trois ans. Il est chargé d’enquêter sur les discriminations et les violences envers les personnes LGBT.

Le continent homophobe ? 

S’exprimant au nom des 54 pays africains membres des Nations Unies, l’ambassadeur du Botswana Charles Ntwaagae s’y était fermement opposé. Devant une des commissions de l’Assemblée générale, il avait affirmé que le Conseil « ne devait pas se pencher sur les questions d’orientation et d’identité sexuelles ». « Ces deux notions ne sont pas et ne devraient pas être liées aux instruments internationaux existants sur la protection des droits de l’homme », a-t-il assuré, en demandant la suspension du mandat de Vitit Muntarbhorn.

Sur les 193 pays membres de l’ONU, 73 pays dont 33 africains ont des législations faisant de l’homosexualité un crime. Parmi eux, l’Ouganda, le Nigeria, le Soudan et la Mauritanie, la Tanzanie, ou encore le Sénégal.

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