Fermer

Haïti : le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé sans heurts

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Haïtiens votent pour la présidentielle, le 20 novembre 2016 à Port-au-Prince. © Dieu Nalio Chery/AP/SIPA

Les Haïtiens ont voté dimanche pour élire leur président, ainsi que 25 députés et 16 sénateurs. La publication sous 8 jours des premiers résultats pourrait susciter des tensions, alors que le pays tente de se remettre des catastrophes climatiques qui l’ont touché ces dernières années.

« Nous pouvons dire sans ambages que c’est une journée de réussite pour le pays », a déclaré, dimanche 20 novembre, Léopold Berlanger, le président du conseil électoral provisoire (CEP) d’Haïti. « La deuxième mi-temps, ce sont les résultats et l’acceptation démocratique des résultats », a-t-il ajouté en conférence de presse.

Vingt-sept candidats sont en lice pour la présidence, quatre prétendent l’emporter dès le premier tour : Jovenel Moïse, choisi par l’ancien chef de l’État Michel Martelly pour représenter son parti PHTK (Parti haïtien Tèt kale), Jude Célestin sous la bannière de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh), Moïse-Jean Charles, à la tête du parti Pitit Dessalines, et Maryse Narcisse, porte-parole de l’ancien président Aristide et candidate pour Fanmi Lavalas.

Second tour le 29 janvier

À la fermeture des bureaux de votes à 16h (21h GMT), le décompte des bulletins a débuté en présence des représentants des partis politiques, et le plus souvent dans des conditions précaires. Faute d’électricité dans la majorité des bureaux, le personnel électoral dépouille muni de lampes portatives ou de bougies pour s’éclairer.

Les bulletins seront ensuite transférés au centre de dépouillement national (CEP). « Les résultats préliminaires de la présidentielle seront publiés dans un délai maximum de huit jours », a indiqué Léopold Berlanger, rappelant que seul le CEP est en mesure de proclamer officiellement des résultats.

Selon le décret électoral, tout candidat pourra ensuite légalement contester les résultats préliminaires devant les tribunaux électoraux. Les résultats définitifs de ce premier tour doivent être publiés le 29 décembre. Si aucun candidat à la présidence n’obtient plus de 50% des suffrages, un second tour est prévu le 29 janvier 2017.

Limiter fraude et violence

Ce scrutin présidentiel a été couplé avec les élections de 25 députés (sur 109) et 16 sénateurs (sur 30). Celles-ci avaient été organisées en 2015 mais, après des violences et face à des preuves de fraude massive, les autorités avaient décidé d’annuler les résultats dans un quart des circonscriptions et de reprendre à zéro le vote présidentiel.

Cette annulation avait empêché Michel Martelly, élu président en 2011, de transmettre le pouvoir à un successeur élu au suffrage universel. Pour assurer l’intérim, le parlement a exceptionnellement élu en février Jocelerme Privert, alors président du Sénat, au poste de président provisoire. Programmé le 9 octobre, le premier tour de la présidentielle avait été reporté à cause du passage dévastateur de l’ouragan Matthew sur la moitié sud du pays le 4 octobre.

Des changements notables ont été effectués pour limiter les fraudes et les violences : isoloirs garantissant plus de discrétion, représentants des partis politiques identifiés avec une carte où figurait leur photo, suspension des ports d’armes, interdiction pour les véhicules de s’approcher à moins de 100 mètres d’un bureau de vote… Plus de 9 400 policiers nationaux ont été mobilisés, secondés par 1 400 policiers de la mission de l’ONU en Haïti. Sur l’ensemble du territoire, la police nationale a arrêté 43 personnes dont sept pour détention illégale d’armes à feu.

Les gens se sont engagés dans le processus électoral de façon déterminée.

Vue l’ampleur des destructions du dernier ouragan subi par Haïti, qui se relève à peine du puissant séisme de 2010, l’organisation des élections dans la moitié sud du pays suscitait beaucoup d’interrogations. Dimanche 20 novembre, au soir, les autorités montraient ainsi fièrement que le travail pour réhabiliter les centres de votes endommagés ou détruits avait été efficace.

« Aujourd’hui tout montre que les infrastructures électorales et le matériel se sont déployés normalement dans le grand sud […] les gens se sont engagés dans le processus électoral de façon déterminée et nous leur disons bravo », a tenu à souligner Léopold Berlanger.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici