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RD Congo : quatre jeunes leaders de l’opposition arrêtés à Kinshasa

Par Jeune Afrique avec AFP

Des jeunes marchant à côté de débris en feu lors de la manifestation du 19 septembre 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Alors qu'une manifestation contre Joseph Kabila est prévue samedi à Kinshasa, les forces de l'ordre ont interpellé au moins quatre dirigeants des jeunes d'une coalition d'opposition ce vendredi.

Le ton est donné 48 heures avant la manifestation contre Joseph Kabila prévue à Kinshasa. Vendredi, les forces de l’ordre ont arrêté au moins quatre des leaders de jeunes de la coalition d’opposition impliqués dans le mouvement de contestation de l’actuel président congolais.

« Le Rassemblement dénonce l’enlèvement de quatre dirigeants de nos structures des jeunes, jeudi vers 21 heures, par des hommes en uniforme de la police cagoulés pour une destination inconnue jusqu’à ce matin », a déclaré Adam Bombole, l’un des responsables de cette coalition, qui regroupe plusieurs grands partis de l’opposition congolaise.

Réuni autour de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d’Étienne Tshisekedi, opposant historique en RD Congo, le Rassemblement envisage d’organiser une manifestation samedi à Kinshasa pour exiger le départ de Joseph Kabila du pouvoir le 20 décembre à la fin de son mandat.

Aucune information sur le lieu de détention

« Ces jeunes ont été pris en flagrant délit en possession de tracts appelant à la révolte contre les autorités dans leur voiture », a déclaré le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police. « Les quatre hommes ont été transférés quelque part », a-t-il ajouté sans plus de précision, alors qu’on lui demandait s’ils étaient acheminés vers le parquet.

Le directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme, José-Maria Aranaz, a indiqué que son bureau procédait à la vérification sur les allégations d’arrestation de six membres de l’opposition hier soir à Kinshasa.

Dans un communiqué, Amnesty international a appelé vendredi le gouvernement congolais à laisser s’exprimer librement le mécontentement de la population pour empêcher une spirale de violence incontrôlée, après les manifestations meurtrières du 19 septembre.

À chaque manifestation, une répression sanglante

Depuis que les manifestations anti-Kabila ont commencé en 2014, les forces de l’ordre ont tué des dizaines de contestataires et en ont emprisonné beaucoup d’autres sur la base d’accusations montées de toutes pièces ou à la suite de procès biaisés et le gouvernement a imposé des restrictions draconiennes aux entreprises de médias, indique le communiqué.

Ces arrestations sont intervenues quelques heures après la nomination du nouveau Premier ministre Samy Badibanga, un transfuge de l’UDPS, dans le cadre de l’accord conclu entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à une date indéterminée la présidentielle qui devait avoir lieu cette année. Cet accord a été rejeté par le Rassemblement.

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