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Attentat du Bardo : l’enquête terminée, le procès prévu pour 2017

Par Jeune Afrique avec AFP

Une femme tenant le drapeau tunisien devant des policiers, deux jours après l'attentat du Bardo. © Christophe Ena/AP/SIPA

Le juge en charge de l'enquête sur l'attaque du musée de Tunis en mars 2015 a clos le dossier vendredi 18 novembre. Une étape importante avant l'ouverture du procès, qui pourrait se tenir dans la première moitié de 2017 selon plusieurs sources.

Plus d’un an et demi après la fusillade meurtrière qui fît 24 morts et 45 blessés aux abords, puis dans les galeries du musée du Bardo de Tunis, l’enquête est close. C’est ce qu’a annoncé vendredi le juge d’instruction en charge du dossier. Ce dernier a transmis l’affaire à la chambre d’accusation, qui l’examinera avant de décider ou non du renvoi en procès.

L’enquête n’a pas levé toutes les questions

« Les inculpations vont suivre et la justice tunisienne assure que le procès pourra se tenir dans la première partie de 2017 », a pour sa part déclaré l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor. Ces déclarations interviennent à un moment symbolique, puisque le président tunisien Béji Caïd Essebsi inaugurait vendredi une exposition installée dans les locaux du musée du Bardo. À cette occasion, les familles des victimes françaises avaient été conviées à l’ouverture de l’exposition.

Si certaines d’entre elles ont répondu favorablement à l’invitation, d’autres l’ont déclinée pour protester contre le déroulement de l’enquête, marqué selon elles par de nombreuses zones d’ombre. « On espère un maximum d’informations par rapport au procès, de savoir vraiment comment ça s’est passé et puis que le devoir de mémoire continue, que tous les peuples travaillent main dans la main pour essayer de lutter contre les attentats », a par exemple déclaré Anne-Sophie, fille de Christophe Tinois, tué dans l’attentat du Bardo.

La Tunisie, cible privilégiée du jihadisme

Pour l’avocate Samia Maktouf, qui défend en France les parties civiles de l’attentat du Bardo, il faudrait aujourd’hui répondre aux questions des familles des victimes. Plusieurs zones d’ombre demeurent et les familles ne pourront pas faire leur deuil si des réponses ne leurs sont pas données. L’ambassadeur français a pour sa part salué le travail de la justice tunisienne, assurant n’avoir aucun doute sur l’aspect totalement équitable du procès à venir.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie fait face à l’essor d’une mouvance jihadiste armée responsable de la mort de plus d’une centaine de soldats et de policiers, mais aussi d’une vingtaine de civils et de 59 touristes étrangers selon des chiffres officiels.

Après le Bardo, le pays avait été frappé en 2015 par deux autres attaques sanglantes du groupe EI, sur une plage de Sousse (38 touristes tués) puis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 morts) en plein cœur de la capitale.

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