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Connaissez-vous (vraiment) Samy Badibanga, le nouveau Premier ministre de la RDC ?

Samy Badibanga, le 3 septembre 2012 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Joseph Kabila, président de la RD Congo, a désigné jeudi le député Samy Badibanga au poste de Premier ministre chargé de conduire le gouvernement dit d'union nationale. Discret, parfois effacé, cet élu de Kinshasa n'est pourtant pas un novice.

Opposé à la politique de la chaise vide

C’est sans doute, jusqu’ici, son fait d’armes le plus retentissant : dire non à l’opposant historique Étienne Tshisekedi dont il fut l’un des conseillers spéciaux. Nous sommes fin 2011. Le pays vient d’organiser des élections présidentielle et législatives.

Natif de Kinshasa, Samy Badibanga, dont les parents sont originaires du Kasaï (centre), est élu député de la circonscription de Mont-Amba, regroupant les communes « chaudes » de Lemba, Matete, Ngaba, Kisenso, dans l’est de la capitale. Mais le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), son parti, est devancé par Joseph Kabila à l’issue d’un scrutin présidentiel controversé. Tshisekedi refuse de reconnaître tous les résultats et appelle ses lieutenants élus à ne pas siéger à l’Assemblée nationale. Badibanga n’obéit pas au « mot d’ordre » et, par conséquent, s’auto-exclut du parti, selon les instances de l’UDPS.

Chef de l’opposition institutionnelle

Arrivé à l’hémicycle, Samy Badibanga lance »UDPS et alliés » dont il est jusqu’à aujourd’hui le président. Au départ, le groupe parlementaire compte quelque 42 députés, soit la première force de l’opposition à l’Assemblée nationale. Devant l’UNC et alliés de Vital Kamerhe.

Lorsqu’il décide de participer au dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila, Samy Badibanga se retrouve confronté à une fronde au sein de son groupe parlementaire. Certains de ses camarades veulent même sa révocation du poste de président. Mais il résiste, soutenu par la majorité des élus de l’UDPS et alliés.

Avant le début des pourparlers avec le camp Kabila, Samy Badibanga se dispute la tête de la délégation de l’opposition avec Vital Kamerhe. Finalement, un compromis est trouvé : il n’y aura pas de chef de délégation. En tout cas, pas officiellement. Kamerhe est fait co-modérateur, Badibanga adjoint. Alors qu’en face, Néhémie Mwilanya Wilondja, directeur de cabinet du chef de l’État, est désigné chef de la délégation, la modération de la Majorité présidentielle (MP) est confiée à Alexis Thambwe-Mwamba, ministre de la Justice.

Échecs et ennuis

Nommé Premier ministre dans le cadre de l’accord politique conclu le 18 octobre entre le camp Kabila et une frange de l’opposition, Samy Badiganga se rêvait quelques mois plus tôt deuxième vice-président de l’Assemblée nationale après le décès de Timothée Kombo, membre du groupe UDPS et alliés, qui occupait le poste.

Mais le 14 juin, Samy Badibanga ne parvient pas à se qualifier pour le second tour. L’élection sera remportée par Remy Massamba, un autre ancien cadre de l’UDPS d’Étienne Tshisekedi. De son côté, malgré des lignes désormais différentes avec son ancien parti, Samy Badibanga, ancien consultant de la société minière BHP-Billiton, a continué à se revendiquer de l’UDPS.

Fin 2015, avec deux autres députés, il avait tenté de faire tomber le bureau de l’Assemblée nationale. Mais leur motion de défiance aurait été entachée d’irrégularité. Un élu s’était en effet plaint que les initiateurs de la procédure se soient rendus coupables de « faux et usage de faux » sur sa signature.

Une fois saisi, le parquet général de la République demande la levée de l’immunité de Badibanga et ses complices présumés. Le président du groupe UDPS et alliés se fait rare à Kinshasa pendant cette période tumultueuse. Jusqu’à ce que l’affaire se tasse…

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