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Zimbabwe : des militants de l’opposition passés à tabac avant une manifestation

Par Jeune Afrique avec AFP

La foule court se cacher pour échapper aux affrontements entre manifestants et police anti-émeute le 27 septembre 2016 à Harare. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Quelques heures avant de prendre part à des manifestations antigouvernementales, six militants zimbabwéens de l'opposition ont été frappés par des inconnus vendredi. Parmi les victimes de cette agression figure le frère du journaliste Itai Dzamara, porté disparu depuis mars 2015.

Au Zimbabwe, manifester n’est pas sans danger. Vendredi, six militants de l’opposition à Robert Mugabe en ont fait l’amère expérience, alors qu’ils s’apprêtaient à participer à une manifestation contre le président zimbabwéen. Ils ont tout simplement été kidnappés tôt dans la matinée, et les voitures de deux d’entre eux, incendiées.

C’est ce qu’affirme Sylvanos Mudzvova, membre actif du mouvement Tajamuka (« Nous sommes agités »), à la pointe de la contestation contre l’omnipotent chef d’État.

La famille Dzamara très touchée par la répression

Parmi les victimes de cette agression matinale figure Patson Dzamara, qui apparaît alité à l’hôpital, des contusions lui striant le dos, sur des photos publiées sur les réseaux sociaux.

Il se trouve que Patson n’est autre que le frère d’Itai Dzamara, journaliste porté disparu depuis mars 2015. Deux autres activistes ont été relâchés puis hospitalisés, tandis que les trois dernières personnes agressées sont « toujours portées disparues », selon Sylvanos Mudzvova. La police n’était pas en mesure dans l’immédiat de confirmer ou infirmer ces incidents.

« C’est la chose la plus barbare qu’on puisse faire », a estimé Sylvanis Mudzvova. « On ne blesse pas un être humain sous prétexte qu’il ose poser des questions sur ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas une façon de mettre fin à la dissidence. La seule façon est de s’attaquer aux problèmes », a-t-il ajouté.

Manifestations peu suivies

Ces intimidations sont intervenues quelques heures avant les manifestations prévues contre la corruption au sein de l’État et l’introduction prochaine, sur fond de crise économique, de « billets d’obligation », une nouvelle monnaie qui ne dit pas son nom et qui ravive les craintes d’une hyperinflation comparable à celle qu’a vécue le pays dans les années 2000.

Vendredi matin, la police anti-émeutes patrouillait dans la capitale Harare. Ces manifestations,  les premières prévues au Zimbabwe depuis des semaines et la fronde contre le président Robert Mugabe qui a secoué le pays il y a quelques mois, ont finalement peu mobilisé. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées sur une place du centre d’Harare, et le déploiement policier a suffi à décourager les mécontents. A Bulawayo, la deuxième ville du pays et bastion de l’opposition, la police était aussi déployée. Seuls quelques militants ont lancé des tracts antigouvernementaux dans les rues.

Robert Mugabe, qui dirige d’une main de fer son pays depuis 1980, réprime régulièrement toute forme de contestation. Il compte se représenter à la fonction suprême en 2018, en dépit de son âge (92 ans) et de la grave crise économique que traverse le pays, marquée notamment par un chômage de masse (environ 90%) et un manque criant de liquidités.

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