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Salaheddine Mezouar : « La COP22 confirme un état d’esprit positif en Afrique »

Par - Envoyée spéciale à Marrakech

La ministre française de l'Écologie Ségolène Royal a passé le flambeau au ministre marocaine, Saleheddine Mezouar , qui devient le président de la Cop22 ce lundi 7 novembre 2016. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Pour le président de la COP22, le sommet de Marrakech sur le changement climatique a dépassé ses objectifs en terme de mobilisation. Il s'achève ce vendredi.

La mission de Salaheddine Mezouar en tant que président de la COP22 ne sera pas de tout repos. Il a un an devant lui pour traduire dans les faits les résolutions du sommet, qui se termine ce vendredi 18 novembre.

À cette même période, l’année prochaine, il devra céder sa place aux îles Fidji, prochaine présidente de la vingt-troisième édition de la COP.

Celui qui s’est délesté de toute responsabilité politique au sein de son parti − il a démissionné de la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI) le 9 octobre − pour se consacrer à sa mission de diplomate en chef du climat sait que le gros du travail commence tout juste.

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Mais en tant que ministre des Affaires étrangères, il s’est déjà frotté à des négociations difficiles, et elles ont aiguisé son sens du dialogue et du compromis. Interview. 

Jeune Afrique : La COP de Marrakech s’achève sur le climat. Quel est votre bilan ?

Salaheddine Mezouar : Je suis satisfait de la manière dont ce sommet s’est déroulé. En tant que président de la COP22, j’ai fait le choix du consensus dès le départ. Je ne voulais pas qu’une délégation parte de Marrakech en disant qu’elle n’était pas d’accord. La convergence des points de vue est fondamentale pour la mobilisation générale.

L’accord de Paris est irréversible et on doit avancer. J’aimerais souligner la créativité et la richesse des initiatives proposées par les acteurs non-étatiques, la jeunesse mais aussi les peuples autochtones qui cheminent toutes vers un modèle de société responsable. Tous les acteurs de la COP se projettent déjà dans le monde demain. Ces expressions diverses ont été traduites par la déclaration de Marrakech que nous avons adoptée ce jeudi 17 novembre.

Et enfin, c’est une COP qui a été marquée par trois moments politiques d’une extrême importance : la tenue de la première CMA, (mot onusien signifiant la réunion des Parties de l’accord de Paris), le sommet des chefs d’État, le 15 novembre, et celui des pays africains, le lendemain, porteur de projets concrets. 

Le Maroc veut que l’Afrique parle d’une seule voix, mais beaucoup de pays africains n’ont pas été représentés lors de cette COP…

Le message de ce sommet confirme un état d’esprit positif en Afrique. La déclaration de Marrakech a été adoptée à l’unanimité et le leadership du roi et des autres chefs d’État africains va permettre d’accélérer la mise en oeuvre des projets, et d’aplanir les difficultés de transformation du continent. L’Afrique doit aller vite.

Comment cette COP va-t-elle servir le projet politique du Maroc de réintégrer l’Union africaine (UA), votre priorité diplomatique du moment ?

Le Maroc revient dans sa famille africaine. Il ne le fait pas avec une vision purement politique. Il est porteur d’initiatives sur la question de changement climatique et du développement durable. Il apporte son énergie et son savoir-faire. Le cap africain du royaume du Maroc est très clair et global. Avec les autres pays africains, nous sommes dans une vision basée sur la solidarité et un partenariat gagnant-gagnant.

Quels échos avez-vous eu de la part de la délégation algérienne, représentée dans cette COP par le président du conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, et le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra ?

Mon sentiment est qu’ils étaient heureux d’être là. Leur présence a montré l’engagement de l’Algérie en faveur du climat et des initiatives qui ont été prises.

Malgré votre différend politique ?

Le conflit politique ne rentre pas en ligne de compte dans cette conférence. Le changement climatique unit toute la planète. Il n’y a pas de place aux divergences politiques sur un projet dans lequel tout le monde doit s’impliquer.

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