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Conférence des bailleurs de la Centrafrique : les promesses de dons dépassent les 2 milliards de dollars

Par Jeune Afrique avec AFP

Faustin-Archange Touadérae le 18 juillet, à Kigali, en marge du sommet de l’Union africaine. © Cyril Ndegeya pour J.A.

Le gouvernement centrafricain avait fait appel à la solidarité internationale pour récolter des fonds, ses prières ont été entendues puisqu'il a obtenu jeudi 17 novembre la promesse de 2,2 milliards de dollars d'aide pour les trois prochaines années. Un montant supérieur à l'objectif de 1,6 milliard de dollars que s'était fixé le président Faustin-Archange Touadera.

Les donateurs de la République centrafricaine se sont engagés jeudi à Bruxelles à aider à hauteur de 2,2 milliards de dollars sur les trois prochaines années ce pays dévasté par la guerre, un résultat jugé positif par le président Faustin-Archange Touadéra. Le montant est néanmoins insuffisant pour l’instant pour réaliser l’intégralité du plan de redressement sur cinq ans (2017-2021) présenté par Bangui et chiffré à 3,1 milliards USD.

Mais il va permettre de remplir « les priorités des priorités, les actions d’extrême d’urgence », a expliqué le président Touadéra lors d’une conférence de presse, citant l’investissement dans l’armée et le désarmement des rebelles qui contrôlent encore « une bonne partie du territoire ». C’est pourquoi, pour lui, « la conférence a tenu toute sa promesse ».

L’UE première donatrice

Avec des donateurs s’engageant à fournir « 2,268 milliards de dollars » sur trois ans, chiffre encore provisoire selon lui, l’objectif est atteint « à 141% », a déclaré Faustin-Archange Touadéra, en référence aux 1,6 milliard USD jugés nécessaires pour 2017, 2018 et 2019. Au final, l’UE, qui se présente comme le premier donateur, a promis 778 millions de dollars d’ici à 2020 : 450 de la Commission, auxquels s’ajoutent 328 millions des États membres.

Il s’agit de « soutenir les efforts que fournit la RCA pour parvenir à la paix, à la sécurité et à la réconciliation » et d’ « encourager le développement et la reprise économique, tout en continuant à fournir une aide humanitaire », selon un communiqué de l’UE, qui aide par ailleurs à la formation des soldats centrafricains à travers sa mission EUTM RCA lancée en juillet pour deux ans. La Banque mondiale, selon un de ses responsables, s’est engagée « au-delà des 500 millions USD » sur trois ans.

Priorité à l’aspect sécuritaire

La République centrafricaine, classée parmi les pays les plus pauvres du monde, peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par des rebelles Séléka, majoritairement musulmans. Cela avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes.

L’intervention de la force française Sangaris – dont la mission a pris fin en octobre – et de la force de l’ONU (Minusca – 12 000 hommes toujours déployés) a mis fin aux massacres, mais n’a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire.

L’aide internationale, a expliqué Faustin-Archange Touadéra, doit permettre d’ « investir dans l’armée » et de réinstaller les déplacés internes et réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun), dont le total est estimé à 850 000 personnes.

Une Cour pénale spéciale opérationnelle en janvier

D’autre part, « la Cour pénale spéciale sera opérationnelle d’ici le mois de janvier », a promis le président, ce qui « matérialisera au-delà de tout autre discours notre profonde foi dans la lutte contre l’impunité ». La mise en place de cette juridiction, prévue par une loi de 2015 (avant l’élection du nouveau président), est vivement souhaitée par les ONG. Elle doit permettre de juger les crimes relevant du droit international.

De son côté, Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’UE, a évoqué le rendez-vous dans deux jours au Vatican de l’archevêque de Bangui récemment nommé cardinal par le pape François, soulignant qu’il s’y rendrait « accompagné par un imam musulman et un révérend protestant ». « Cela nous dit que la réconciliation est déjà en cours. Elle doit continuer et se renforcer », a affirmé Mme Mogherini, présentant la conférence de Bruxelles comme « un moment clé » pour la RCA.

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