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Côte d’Ivoire : ce que l’on sait des affrontements meurtriers de Niamoin

En 2011, des anciens combattants de la crise ivoirienne participent à des exercices avant d'intégrer l'armée. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

Des affrontements entre la population et des membres des forces de sécurité ivoiriennes ont fait quatre morts mercredi près de Bouna, dans le nord-est de la Côte d'Ivoire. Retour sur les circonstances d'un drame révélateur du climat de violence dans la région.

C’est par un communiqué bref avec la mention « Urgent » que Philippe Hien, le président du Conseil régional du Boukani, a annoncé les affrontements meurtriers qui se sont déroulés mercredi 16 novembre à Niamoin, une localité du département de Doropo, dans la région de Bouna (Nord-Est). Des événements qui ont occasionné la mort de deux gendarmes et deux civils. Selon des témoignages recueillis par Jeune Afrique dans la zone, tout est parti d’un banal contrôle de routine à un barrage routier installé par au moins un membre des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) qui a viré au racket contre deux civils, lesquels ont refusé de se faire rançonner.

Au cours des vifs échanges qui ont suivi, l’homme en armes aurait paniqué et ouvert le feu sur les deux civils avant de s’enfuir et de se réfugier dans les locaux d’un centre de santé situé à proximité. Des gendarmes arrivés pour auditionner le militaire coupable ont ensuite été pris à partie par la population qui les a lynchés à mort. L’état-major de l’armée et le commandant supérieur de la gendarmerie ont alors passé promptement des messages fermes à leurs subalternes pour éviter une descente musclée sur Niamoin visant à venger la mort de leurs frères d’armes.

Violences régulières dans la région de Bouna

« Le président Alassane Ouattara a été informé, une délégation gouvernementale se rendra sur place incessamment », a confié à Jeune Afrique une source gouvernementale. Le tribunal militaire d’Abidjan doit ouvrir une enquête sur ces événements. « L’implication avérée ou non des forces de sécurité dans cette affaire nous oblige à ouvrir une enquête dans les plus brefs délais », révèle une source judiciaire militaire.

Comme l’extrême ouest du pays, la région de Bouna est régulièrement l’objet de violences meurtrières. En mars dernier, des affrontements interethniques y avaient fait une trentaine de morts.

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