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Basketball : Joël Embiid, le Camerounais qui bluffe la NBA

Joël Embiid face à Lebron James lors du match de Philadelphie contre Cleveland, le 5 novembre 2016. © Chris Szagola/AP/SIPA

Le Camerounais Joël Embiid réalise un impressionnant début de saison en NBA. Meilleur marqueur (en moyenne) de son équipe, Philadelphie, il ravit les supporters, qui attendaient son retour de blessure depuis deux ans.

Deux longues années durant lesquelles Joël Embiid, 22 ans, a rongé son frein sur les bancs de la NBA, lui et son potentiel que nombreux croyaient perdus pour le basket-ball. Deux saisons que le pivot se baladait, en tenue de ville, aux abords des terrains sans véritablement les fouler.

Pour le comprendre, il faut revenir au recrutement (la fameuse « draft ») 2014 : aux yeux des pronostiqueurs, le Camerounais est alors en bonne passe d’être recruté en première position. Il est le jeune joueur le plus prometteur de la promotion (voir vidéo ci-dessous), celui à qui toutes les équipes vont faire les yeux doux. Problème : une semaine avant la draft : Embiid se fracture un os du pied droit.

Recruté en troisième position, tout de même, par la franchise de Philadelphie, le Camerounais voit son avenir s’assombrir. Le natif de Yaoundé passera en réalité deux ans hors des parquets de NBA. Opéré à plusieurs reprises, il passe la saison 2015-2016 à regarder son club depuis les tribunes, quand il n’est pas dans un centre de rééducation au Qatar, à suivre les conseils de Zydrunas Ilgauskas, ancien pivot dont la carrière a aussi été gâchée par des problèmes de pied.

Le taulier du début de saison

Alors, quand son club de Philadelphie annonce que Joël Embiid est bien apte à prendre part à la saison 2016-2017, le cauchemar semble évidemment prendre fin et chacun retient son souffle. Certes, le Camerounais reste limité au moins jusqu’à fin décembre, par précaution médicale, dans son temps de jeu par match (22 minutes), mais il est bien autorisé à fouler les parquets nord-américains.

Et la franchise de Philly n’a pour le moment pas à s’en mordre les doigts. Avec huit matchs joués, sur onze, et 15,7 points de moyenne, l’ancien de l’université du Kansas est le joueur le plus prolifique de son équipe. Avec 6,3 rebonds par match, 79,5% aux lancers francs, 50% aux tirs à trois points et 45,8% à deux points, il est le taulier du début de saison.

Statistiques de Joël Embiid, au 17 novembre

Le 2 novembre, contre le secteur intérieur impressionnant d’Orlando, formé par Serge Ibaka et Nikola Vucevic notamment, le pivot de 2,13 mètres a inscrit 18 points, pour 10 rebonds et 4 contre, en 25 minutes. Contre Cleveland le 6 novembre, il a tenu la dragée haute à Lebron James.

Autre exemple : un peu plus tôt, le 27 octobre, en ouverture de la saison, et malgré la défaite des Sixers face au Thunder de l’Oklahoma (107-93), il a cumulé vingt points, six rebonds et deux contres.

Une carrière à la Tim Duncan ?

Lors de ce même match, des « MVP ! MVP ! » ont même fusé des tribunes à son encontre. Embiid, most valuable vlayer (meilleur joueur) de l’année pour Philadelphie ? L’avenir dira si son début de saison se confirme, mais les éloges ne manquent pas et d’aucuns le comparent déjà à Tim Duncan ou Hakeem Olajuwon, légende africaine de la Ligue, avec qui les similitudes sont parfois étonnantes.

« Il est très bon, et par moments, il domine. On a parfois envie de le prendre dans les bras lorsque l’on voit tout ce qu’il fait sur le parquet. Il est vraiment unique pour notre franchise », confie son entraîneur, Brett Brown, au Philly Mag. « Il sera dix, douze ou quinze fois All Star et sera MVP de la NBA, il en est capable », assure quant à lui son coéquipier, le Croate Dario Saric.

MVP ou non, Joël Embiid a en tout cas entamé une saison qui pourrait faire de lui le meilleur rookie (débutant) de l’année. Et, après avoir traversé autant de galères, cela sonne déjà comme une victoire pour le Camerounais. Même si le Process (c’est son surnom) a sans doute encore bien des choses à apprendre. Notamment la façon de se comporter avec des enfants…

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