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Bénin : les dirigeants de la Segub libres mais placés sous contrôle judiciaire

La revente de voitures de seconde main, ici à Cotonou, contribue à hauteur de 9 % au PIB du Bénin. © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

Sur la vingtaine de personnes présentées mercredi devant le procureur de Cotonou dans une affaire liée à la gestion de la filière des véhicules d’occasion, trois ont été placées sous mandat de dépôt et incarcérées. Tous les dirigeants et employés de la Segub ont quant à eux été libérés sous caution après avoir été placés sous contrôle judiciaire.

Les dirigeants et employés de la Société d’exploitation et de gestion unique du Bénin (Segub), dont deux Français – le directeur général, Pascal Genet, et le directeur des opérations, Nicolas Duval – ont été libérés jeudi 17 novembre vers 6h30, a confié à Jeune Afrique Maître Rodrigue Gnansounou, avocat de quatre prévenus.

Placés en garde à vue mardi, ils avaient été présentés devant le procureur de Cotonou puis inculpés par le juge d’instruction. Le juge des libertés et des détentions a finalement décidé de les placer sous contrôle judiciaire en attendant que l’instruction du dossier débute.

Ils doivent se soumettre à une série d’obligations : interdiction de sortir des limites de Cotonou, Calavi et Porto Novo, consignation de leur passeport au greffe du tribunal et paiement dans un délai de deux mois d’une caution. Le montant de cette dernière est de 50 millions de F CFA pour les dirigeants de la Ségub. Il va de 2 à 15 millions pour les employés.

Sur la vingtaine de personnes présentées mercredi devant le procureur, deux ont été directement poursuivies sans mandat de dépôt, trois ont été placées sous mandat de dépôt et incarcérées à la prison civile de Cotonou. Elles ne font pas parties de la société chargée par l’État de la gestion de la filière des voitures d’occasions.

Audit

À la suite d’un audit commandé par le gouvernement béninois, les autorités ont reproché fin août à la société « l’insuffisance de la fiabilité du système de détermination de la redevance collectée qui se traduit par un moins-perçu de près de 1,6 milliard et un montant non expliqué à ce jour de plus de 9 milliards entre le total des virements effectués en 2012 et le montant constaté sur les comptes bancaires du Trésor ».

L’audit a également pointé du doigt un « paiement irrégulier au profit de divers opérateurs par surévaluation de leurs prestations » et « des manquements graves dans la collecte et la répartition des redevances dont le défaut d’ouverture d’un compte bancaire dédié aux recettes de la filière des véhicules d’occasion en transit ».

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