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Kenya : la fermeture du camp de réfugiés de Dadaab est reportée

Par Jeune Afrique avec AFP

Une réfugiée somalienne dans le camp de Dadaab au Kenya, le 5 août 2011. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le gouvernement kényan a annoncé ce mercredi qu'il repoussait de six mois la date de fermeture du camp de réfugiés de Dadaab. Elle était initialement prévue pour la fin du mois de novembre. Ce camp abrite environ 343 000 déplacés.

Selon le ministre de l’Intérieur kényan Joseph Nkaissery, qui s’est exprimé face à la presse, cette annonce fait suite à une requête du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR).

« Je souhaite annoncer que le gouvernement a accepté la demande de repousser de six mois la date limite pour l’achèvement du rapatriement des réfugiés somaliens et la fermeture du complexe de Dadaab », a-t-il déclaré.

« Le rapatriement se poursuivra de façon humaine, digne et en sécurité », a par ailleurs assuré le ministre.

La sécurité nationale invoquée

Le gouvernement kényan avait pris de court les réfugiés, les agences humanitaires, l’ONU et les partenaires occidentaux du Kenya en annonçant le 6 mai dernier sa décision de fermer Dadaab à la fin du mois de novembre.

Pour justifier sa décision, le gouvernement kényan avait mis en avant la sécurité nationale. Les autorités assurent, sans en fournir la preuve, que c’est de ce camp qu’avaient été planifiées les attaques des islamistes somaliens shebab contre le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 et l’université de Garissa (nord-est) en 2015.

Tentaculaire, le camp situé près de la frontière avec la Somalie, abrite essentiellement des réfugiés Somaliens fuyant depuis 1991 la guerre civile, les exactions des islamistes radicaux et les sécheresses à répétition. Sur les 343 000 déplacés recensés par le HCR en juin 2016 dans le camp, 327 000 sont somaliens.

L’annonce de sa fermeture et de la mise en place du programme de retours volontaires mis en place depuis ont suscité de nombreuses critiques des organisations de défense de droits l’Homme qui accusent le Kenya d’user de coercition pour forcer les réfugiés à retourner vivre dans un pays toujours très instable et en proie à une insécurité chronique.

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