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Bénin : les dirigeants de la Segub en garde à vue

À Cotonou, première porte d'entrée des véhicules d'occasion en Afrique de l'Ouest. © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

Une vingtaine d’employés de la société d’exploitation et de gestion unique du Bénin (Segub), dont deux Français, ont été placés en garde à vue mardi soir. La Segub est mise en cause par le gouvernement pour sa gestion de la filière des véhicules d’occasion.

Les 22 personnes concernées ont été présentées mercredi 16 novembre au procureur de la République du Bénin. Leur audition se poursuivait encore dans l’après-midi.

Parmi la vingtaine d’employés de la Société d’exploitation et de gestion unique du Bénin (Segub) figurent deux Français : le directeur général, Pascal Genet, et le directeur des opérations, Nicolas Duval. Ils sont détenus dans le cadre d’une enquête menée par la Brigade économique et financière sur les versements non élucidés de plusieurs milliards de F CFA dans la gestion de la filière des véhicules d’occasion.

La Segub avait reçu de l’État béninois la mission d’encaisser les frais d’enlèvement des véhicules d’occasion passant par le port de Cotonou et les frontières terrestres, et d’en effectuer la répartition auprès des bénéficiaires.

Des irrégularités constatées par un audit

À la suite d’un audit commandé par le gouvernement béninois, les autorités ont reproché fin août à la société « l’insuffisance de la fiabilité du système de détermination de la redevance collectée qui se traduit par un moins-perçu de près de 1,6 milliard et un montant non expliqué à ce jour de plus de 9 milliards entre le total des virements effectués en 2012 et le montant constaté sur les comptes bancaires du Trésor ».

L’audit a également pointé du doigt un « paiement irrégulier au profit de divers opérateurs par surévaluation de leurs prestations » et « des manquements graves dans la collecte et la répartition des redevances dont le défaut d’ouverture d’un compte bancaire dédié aux recettes de la filière des véhicules d’occasion en transit ».

Cotonou est la première porte d’entrée des véhicules d’occasion en Afrique de l’Ouest. En 2015, les dirigeants du port estimaient les arrivées à plus de 340 000 chaque année.

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