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Afrique du Sud : deux Blancs tentent d’enfermer vivant un Noir dans un cercueil

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres des Combattants de la Liberté Économique, le parti de gauche qui a réagi face à l'agression raciste perpétrée par deux hommes Blancs en Afrique du Sud. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Les deux hommes avaient filmé la scène qui, une fois postée sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique. Ils comparaîtront ce mercredi devant la cour de Middelburg, dans le nord-est du pays.

C’est une scène digne d’un film d’épouvante ou d’un thriller oppressant, et pourtant, elle est bien réelle. Deux hommes blancs comparaîtront ce mercredi 16 novembre pour ces actes qualifiés d’ « agression et tentative de coups et blessures » devant la Cour de Middelburg, dans le nord-est du pays.

Le fait divers est forcément sensible, dans un pays comme l’Afrique du Sud où les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore bien refermées. Mais il est devenu carrément brûlant lorsque la presse locale a relayé l’information.

Une vidéo qui enflamme l’opinion

Et pour cause, Willem Oosthuizen et Theo Martins Jackson, les deux agresseurs, ont forcé Victor Rethabile Mlotshwa, leur victime, à se glisser dans un cercueil en le menaçant de l’enterrer vivant. Il est aussi question d’un serpent, que les deux hommes projettent de glisser dans le cercueil, posé au sol. « Allez, allez. On va jeter de l’essence », menace l’un des hommes Blancs en afrikaan, la langue natale de nombreux fermiers sud-africains.

Ils se sont amusés à filmer leur méfait et à poster la vidéo, non datée, sur Internet. Le post de la vidéo, lui, date de début novembre. D’une violence symbolique rare, les 20 secondes d’images ont enflammé l’opinion publique et la classe politique sud-africaine.

« Cette humiliation n’est basée sur rien d’autre que sur la couleur de peau. C’est une humiliation pour tout le peuple noir », a réagi le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF), une formation d’opposition. L’EFF a en outre appelé à se rassembler devant la palais de justice de Middelburg pour protester contre l’acte des deux agresseurs.

Vingt-deux ans après la fin officielle du régime raciste de l’apartheid et l’élection de son premier président noir, Nelson Mandela, l’Afrique du Sud semble toujours se débattre avec les démons du passé. Les relations entre la majorité noire et les Blancs restent extrêmement compliquées et les controverses raciales – largement exploitées par la classe politique – fréquentes.

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