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Burundi : Bujumbura demande un nouveau médiateur de l’ONU

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président burundais Pierre Nkurunziza et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, lors d'une conférence de presse à Bujumbura, le 23 février 2016. © AP/SIPA

Le gouvernement burundais a demandé à l'ONU de nommer un nouveau médiateur en lieu et place de Jamal Benomar, actuellement en poste. Une requête qui jette de l'huile sur le feu des relations déjà tendues entre l'organisation internationale et le régime de Pierre Nkurunziza.

L’ONU se renouvelle partiellement. Principaux changements dans ce casting, l’arrivée du Portugais Antonio Gutteres au poste de secrétaire général en remplacement de Ban Ki-moon, en fin de mandat au mois de janvier. À cette occasion, Bujumbura aimerait que l’organisation onusienne change également le médiateur en poste au Burundi, Jamal Benomar. C’est en tout cas ce qu’il est ressorti d’une lettre envoyée par le gouvernement burundais à l’ONU,début novembre.

« Dans cette période de transition entre les deux secrétaires généraux, le Burundi ne voudrait pas être pris au dépourvu », a justifié l’ambassadeur burundais à l’ONU Albert Shingiro, lequel souhaite « des consultations tous azimuts entre le gouvernement du Burundi et les deux secrétaires généraux pour penser au remplacement [de Jamal Benomar] ».

Une démarche qui n’a pas plu à tout le monde côté onusien. Le porte-parole de l’ONU Farhan Haq a assuré que Jamal Benomar conservait « toute la confiance du secrétaire général », et qu’il resterait par conséquent en fonction.

Des tensions à répétition

En juin 2015, l’envoyé spécial de l’ONU pour les Grands Lacs Saïd Djinnit avait dû abandonner son rôle de médiateur au Burundi. Son départ avait été demandé par les opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, réélu en juillet.

Puis les relations entre l’ONU et Bujumbura se sont dégradées après la publication, fin septembre, d’un rapport d’experts onusiens. Ils avaient pointé dans le document la responsabilité de la police et des forces de sécurité dans les violences qui agitent le pays depuis plus d’un an, évoquant un risque de génocide.

En représailles, le gouvernement burundais a suspendu sa coopération avec le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme avant de se retirer de la Cour Pénale Internationale. Bujumbura s’oppose aussi au déploiement de 228 policiers de l’ONU au Burundi, réclamé par le Conseil de sécurité dans une résolution adoptée en juillet.

Jamal Benomar a effectué une visite au Burundi le mois dernier, sans obtenir de résultat concret. Rendant compte ensuite de ses discussions devant le Conseil de sécurité, il les avait qualifiées de « constructives » et s’était dit prêt à les poursuivre.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé, qu’il a obtenu en juillet de la même année au terme d’une élection boycottée par l’opposition. Des violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300 000 personnes hors du pays.

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