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Maroc : les Archives et le Mémorial de la Shoah signent une convention pour reconstituer la mémoire juive

Par Jeune Afrique avec AFP

Une place dans le quartier juif de Fès, au Maroc, au début du 20e siècle. © Wikimedia Commons

Les Archives du Maroc et le Mémorial de la Shoah ont signé lundi à Rabat une convention de coopération. Objectif : reconstituer la mémoire du judaïsme au Maroc.

Pour la première fois de son histoire, le Mémorial, grand centre d’archive en Europe consacré à l’histoire juive durant la Seconde guerre mondiale et à la Shoah, a signé lundi 14 novembre une convention de coopération avec un pays musulman, en l’occurrence le Maroc, via les Archives du royaume.

« L’objectif est de mettre en place une coopération sur tous les sujets relatifs à l’histoire des juifs et du judaïsme dans les pays d’Afrique du Nord, de faire connaître l’histoire du judaïsme marocain et de mettre à la disposition du public des sources historiques sur le sujet », explique un communiqué de l’institution marocaine.

Une présence juive vieille de 2 000 ans

Adoptée en 2011 dans le contexte du Printemps arabe, la nouvelle Constitution du Maroc reconnaît la composante hébraïque comme partie de la culture du royaume. Dans le préambule est inscrit que l’unité du pays (…) « s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ».

La présence des Juifs est en effet ancienne au Maroc – plus de 2 000 ans – et a été renforcée par les vagues de réfugiés provenant notamment d’Andalousie au moment de la Reconquista catholique au XVe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le sultan Mohammed V s’était également opposé aux lois anti-juives du gouvernement de Vichy.

Dans les années 1950, le royaume comptait ainsi près de 300 000 citoyens de confession juive. Mais les conflits israélo-arabes successifs, les appels à l’émigration vers Israël et de nombreux départs vers la France et le Canada notamment ont ramené cette présence à moins de 5 000 personnes. Les Juifs marocains demeurent toutefois la principale communauté juive d’Afrique du Nord.

Des archives éparpillées à travers le monde

« Les archives relatives à ce pan de notre histoire ont néanmoins connu le même sort que nos compatriotes juifs, un éparpillement à travers le monde », a regretté le directeur des Archives du Maroc, Jamaâ Baida, cité par l’agence de presse marocaine MAP.

« Grâce à cette convention il sera enfin possible d’écrire depuis le Maroc l’histoire du judaïsme marocain », s’est félicité de son côté Jean-Marc Berthon, conseiller de l’action culturelle à l’ambassade de France, y voyant une façon de lutter contre l’antisémitisme et la propagation des idées radicales.

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