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Tentative de déstabilisation au Burkina : le point sur l’enquête

Un soldat de l'armée du Burkina Faso à Ouagadougou le 29 septembre 2015. © Theo Renaut/AP/SIPA

Près d'un mois après la tentative de déstabilisation dénoncée par les autorités burkinabè, l'enquête progresse doucement, levant notamment le voile sur l'identité du seul civil arrêté dans le cadre de cette affaire.

Mi-octobre, Simon Compaoré, le ministre burkinabè de l’Intérieur, annonçait devant la presse à Ouagadougou que les services de sécurité avaient déjoué une tentative de déstabilisation des institutions menée par d’anciens éléments de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré dissoute après le putsch manqué de septembre 2015.

Selon les enquêteurs, ce complot armé aurait été mis sur pied par l’adjudant Gaston Coulibaly, ex-sous-officier du RSP et ancien chef de la sécurité de François Compaoré, le frère cadet de Blaise Compaoré. Activement recherché par les forces de l’ordre burkinabè, il aurait réussi à quitter le pays après la mise en échec de son plan.

25 individus déférés

Une cinquantaine de militaires de l’ex-RSP ont en revanche été entendus dans cette affaire par la gendarmerie. Parmi eux, vingt-quatre ont été déférés à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), à Ouagadougou.

Un de ces suspects, le soldat Madi Compaoré, était membre d’une unité qui assurait la garde d’une soute d’armement, en périphérie de la capitale, à laquelle il avait été affecté après la dissolution du RSP.  Selon une source sécuritaire proche des investigations, il était chargé de fournir des armes à ses complices pour qu’ils puissent mener leurs actions.

Le Balai citoyen dans le viseur

Un vingt-cinquième homme, civil, a lui aussi été déféré. D’après notre source, il s’agit d’un dénommé Oubda, qui était coursier pour François Compaoré lorsque l’adjudant Gaston Coulibaly était en charge de sa sécurité. Il avait notamment reçu pour mission d’identifier les domiciles des responsables du Balai citoyen (une organisation de la société civile en pointe de la contestation populaire contre le régime Compaoré) pour les neutraliser au lancement des opérations.

Les enquêteurs cherchent maintenant à éclaircir un dernière zone d’ombre, de taille : comment a été financée cette tentative de déstabilisation ? L’adjudant Gaston Coulibaly aurait distribué entre 200 000 et 300 000 francs CFA à certains de ses complices et promis plus encore, ainsi que d’autres récompenses, en cas de réussite de leur plan.

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