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Gambie : un photojournaliste détenu pour des images « volées » de pro Yahya Jammeh

Par AFP

À Banjul, un panneau à la gloire du président Yahya Jammeh , au pouvoir depuis 1994. © AP Photo/AP/SIPA

Un photojournaliste gambien est détenu depuis jeudi par les services secrets de son pays qui lui reprochent d'avoir pris des photos "volées" de partisans du président Yahya Jammeh, a-t-on appris samedi à Banjul d'une source de sécurité.

Le photojournaliste indépendant Alagie Manka, également producteur de documentaire, n’a pas été vu par sa famille depuis jeudi après-midi, ont indiqué ses proches à l’AFP.

« Alagie Manka a été arrêté jeudi après-midi par des soldats qui l’ont découvert en train de prendre des photos volées de militants du parti pouvoir », a expliqué la source de sécurité jointe au sein de l’Agence nationale du renseignement (NIA, services du renseignement), sous couvert d’anonymat.

Ces militants « revenaient de la cérémonie de dépôt du dossier de candidature du président Yahya Jammeh à la Commission électorale » indépendante (IEC) en vue du scrutin présidentiel du 1er décembre, a-t-elle précisé.

De même source, les militaires ont remis le photojournaliste à la NIA, où il demeurait samedi soir. « Nous l’interrogeons, il n’est pas maltraité par les agents », a-t-elle assuré. Selon un proche de M. Manka, il lui est reproché d’avoir utilisé un smartphone pour faire des photos et de ne pas avoir été en possession d’une accréditation délivrée par l’IEC.

Jeudi, avant l’arrivée au siège de l’IEC du président Jammeh, la presse avait été mise en garde par un capitaine de l’armée contre toute utilisation de smartphone. Seuls les appareils photos et caméras conventionnels étaient autorisés.

Selon des confrères et membres de sa rédaction joints samedi par l’AFP et ayant requis l’anonymat, un autre journaliste a été brièvement détenu entre jeudi et vendredi pour le même motif.

Yunus Salieu, du quotidien pro-gouvernemental Daily Observer, a été arrêté et conduit à la NIA. Il a été libéré vendredi soir, ont-elles indiqué.

Parvenu au pouvoir en 1994 par un coup d’État, élu en 1996 puis constamment réélu depuis, Yahya Jammeh est en lice pour un cinquième mandat.

Son régime est accusé par des ONG et le département d’État américain de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de homme, accusations qu’il rejette.

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